« Vendre » son Kundé aulieu de le ranger

Les Kundé demeure l’une des cérémonies de distinction les plus cotées et des plus pérennes en Afrique, sa portée et sa renommée va au-delà du Burkina et de la sous-région ouest africaine.

C’est un leadership et une expertise qui ne se discutent pas malgré les modestes moyens et un environnement peu enclin à accompagner ce genre d’événements. Mais cela n’a pas empêché cette « institution » de s’affirmer.

Cela dit, comme toutes les cérémonies de distinction, elle distingue les meilleurs afin que leurs mérites soient confirmées et reconnus par le public, mais aussi par leurs pairs. Et au fil des années , elle a pu asseoir une certaine crédibilité. On ne vient pas aux Kundé pour s’enrichir financièrement, on vient au Kundé pour avoir un trophée qui fait office de « diplôme », un « diplôme » dont la présence sur votre CV peut vous ouvrir des portes au regard de la crédibilité et du prestige de l’institution qui vous la décerné.

Ils sont nombreux ceux qui pensent que le commissariat des Kundé devrait accompagner les lauréats dans leur promotion après leur sacre, chose qui est tout à fait aberrante car ce n’est pas son rôle, mais le rôle du staff de l’artiste. Les Kundé vous tendent une perche , à vous de la saisir et de savoir comment rebondir afin de rentabiliser votre sacre. Vos carences managériales ne sauraient être portées par les Kundé dont le rôle se limite à organiser la cérémonie qui permet de reconnaître les meilleurs.

Une chose est de gagner un Kundé, mais après on fait quoi ?
On fait quoi pour le rentabiliser ?
On fait quoi pour qu’au-delà du trophée cela puisse apporter un plus à notre carrière d’artiste ?
On fait quoi pour consolider cette reconnaissance auprès de ses fans ?

C’est comme un diplôme qu’on ajoute à son CV, tant qu’on ne présente pas ce CV de sorte qu’il soit alléchant, vendable , et attrayant, on n’en tirera aucun profit. Et le commissariat des Kundé n’a aucune obligation à se substituer à vous pour faire ce travail car elle vous a déjà donné la plus belle des tribunes pour vous vendre.

Cette édition 2019 a été une des plus équilibrées au niveau des nominations et des récompenses.

Mais il y’a eu un fait majeur que très peu ont remarqué, c’est la leçon de marketing et de communication que deux artistes ont donné à la pléthore d’artistes qui se contentent généralement de gagner le Kundé juste pour décorer leur bibliothèque.
Ces deux artistes viennent pourtant des catégories dites mineurs, celles que personne ne calcule car tous visent l’or, et d’autres catégories plus prestigieuses.

Il s’agit de Ibk Kabore de Marseille (Kundé du meilleur artiste de la diaspora) et Bibich Sérénité (Kundé du meilleur artiste burkinabè vivant au Burkina)…oui oui.

Au début beaucoup se plaignaient d’eux au prétexte qu’ils exagéraient avec leur trophée, toujours à l’exhiber à tout bout de champ. Mais ils ont continué dans leur stratégie de communication à montrer leur reconnaissance à leurs fans, mais aussi leur fierté d’avoir été récompensé.
Ils ont fait le tour des radios et des télévisions pour occuper le terrain. Ils ont utilisé l’image du Kundé pour vendre leur image et conquérir de nouveaux fans, car tout ce « bruit » attise la curiosité des mélomanes, des promoteurs, et des acteurs du milieu qui finiront tôt ou tard à chercher à mieux connaître l’artiste ou son actualité.

Le cas de Bibich Sérénité est très parlant, le tour des radios à ouaga , vol spécial sur Abidjan avec bain de foule et comité d’accueil a l’aéroport FHB, campagne de communication avec une agence de com de la place à Abidjan, interviews et tour des radios a Abidjan , une fête à son honneur à Dabou (il est originaire de DABOU)… et la cerise sur la gâteau, son premier passage à l’émission de grande audience du samedi matin sur la RTI1 , l’émission TEMPO avec Didier BLEOU (un plateau prisé par tous les artistes en vogue de Côte d’Ivoire).

J’ai été particulièrement fiers de voir Bibich , habillé d’un t-shirt Burkindi, sur la plateau de Tempo entrain de présenter son Kundé à toute la Côte d’Ivoire, avant de prester.

Ce monsieur qui n’était pas très bien connu avant ce Kundé est définitivement sortie de l’ombre, voici quelqu’un qui a pleinement rentabilisé ce « diplôme » que les Kundé lui ont permis de poser sur son CV, et cela avec très peu de moyens, contrairement à ce que beaucoup pensent.

Les opportunités sont là, il faut savoir les saisir et les transformer en résultats sonnants et trébuchants… à bon entendeur, salut .

Salif Ackermann

Categories: Chroniques

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