SITHO 2017 : Tu visites les autres pays mais t’as honte du tiens

1- «Jabbar, non franchement quand je suis allé à Accra, je ne te dis pas ; le quartier de Ussher Town, ça n’a rien à voir avec ta rue Kwameh Nkrumah à Ouaga là !!! Que dire alors de Castle, la résidence présidentielle située dans le quartier Osu ?! Si je te parle alors au marché Makola, tu restes tranquille…»

2- «Le Chat, je reviens de mes vacances à Paris ! STP je voudrais que tu me fasses un post sur ta page là. Faut dire que j’ai visité la plupart des sites les plus remarquables de Paris. Je peux te citer au pif comme ça : le Louvre, la Sainte-Chapelle, le jardin du Trocadéro, les Invalides, le musée du quai Branly, le Champ de Mars et bien sur la tour Eiffel. Franchement, c’est du balaize!»

C’est la quintessence des conversations d’amis qui m’accablent l’esprit de temps à autre, pendant que je suis souvent en train d’étancher ma soif avec la chaleur dans une gargote au coeur de Ouaga. Il va me parler de long en large des villes d’Accra, d’Abidjan, de Paris, de Lyon,d’ Amsterdam, de New York… alors qu’il ne connaît même pas le site granitique de Laongo qui est situé à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou ou encore le Musée de Manega ou musée de la “bendrologie”. Que dire alors des Ruines de Lorépeni ? Ces ruines qui ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial lors de la 33e session du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO tenue à Séville en Espagne du 22 au 27 juin 2009. Il te dira qu’il n’a jamais entendu parler.

Quand j’entends le nouveau Secrétaire Général du Ministère de la Culture et du Tourisme, Jean Paul Koudougou dire que cette 12 édition du SITHO sera l’occasion « d’inciter les burkinabè à découvrir et à être les potentiels consommateurs de notre riche patrimoine touristique ». Je rigole quoi ! Donc en sommes, on va me présenter mon village !

Ça devrait être une évidence pour chacun de nous. Dommage que cela soit une préoccupation majeure pour nos responsables en charge du tourisme. Faire découvrir NOTRE PAYS.

Placé sous le thème «Tourisme interne : enjeux et défis» le Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) aura lieu du 28 septembre au 1er octobre 2017 dans l’enceinte du SIAO. Là où je partage entièrement le point de vue de ce comité d’organisation, c’est d’avoir mis l’accent sur la reconquête de nos valeurs cardinales qui ont toujours été magnifiées et glorifiées. C’était notre Label ! Il s’agit principalement de l’HOSPITALITE, l’ACCUEIL et l’INTEGRITE. Malheureusement, le pays est en train de perdre inexorablement ses atouts.

Les 274 000 km2, que couvre la superficie de notre pays devrait être suffisamment viabilisé sur le plan touristique. Le développement de ce secteur avait connu un regain d’énergie avec la création en 1989, de l’Office National du Tourisme Burkinabè (ONTB), aujourd’hui dirigé par Etienne Songré Sawadogo. L’arrivée des Tours opérateurs et la recrudescence des infrastructures hôtelières et de transport ont permis à toute la filière de tourisme et de la culture d’emprunter définitivement les rails de la croissance.

Refusant d’admettre que c’est un coup de massue que nous avons reçu avec les attentats perpétués ces deux dernières années, le Burkina Faso reste debout !

L’instauration des TRESORS DU FASO est en train de combler plusieurs vides, notamment dans son volet Tourisme Interne. Les 13 régions et les provinces que les burkinabè découvrent et redécouvrent soit en tant que témoin oculaire ou téléspectateur font jaillir cet élan de patriotisme.

Par exemple le métier de guide touristique qu’on enseigne à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) commence à produire des résultats tangibles. Les doléances sont régulièrement soumises. Reste l’exécution et surtout la viabilisation de nos sites.

La réalisation d’une «campagne» subtile de promotion internationale de symboles les plus expressifs lors des rencontres mondiales telles que l’UNESCO, Union Africaine, ONU, la CEDEAO etc. permettra de mettre en évidence les mérites de la «destination du Burkina Faso».

Certes depuis 2004 que le SITHO existe, il n’avait jamais autant été touché de plein fouet dans son centre névralgique, mais de nombreuses innovations seront opérées lors de cette 12è édition.

On parle de la création d’un réseautage de promoteurs et de diffuseurs des valeurs de référence du Burkina dans le but de soigner l’image du pays dans le gotha des pays dociles et paisibles dans le monde. Egalement des rencontres B to B avec des professionnels du tourisme et bien d’autres actions seront d’actualités.

Refusant de bâtir une sorte d’opacité culturelle et touristique, cette 12è édition se veut être une ouverture vers le monde en général et la sous-région en particulier. C’est ainsi que le Niger a été choisi cette année comme pays d’honneur, de par sa constance aux différentes éditions et surtout grâce sa richesse touristique. En sommes ; c’est 7 pays africains et environs 1000 participants qui seront présents au SITHO. Ils viendront du : Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali, de la Guinée Bissau, du Bénin et bien sur du Niger. Les pays de l’Afrique Centrale sont également attendus.

C’est une édition, qui j’espère redonnera davantage du punch aux professionnels du tourisme. Je pense aux responsables hôteliers, aux restaurateurs.
Jabb’Art !

Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

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