Série TV «Les Facebookers» : Vivement sa diffusion !

Se retrouvez dans les salons feutrés en plein cœur de Ouaga 2000 d’un réalisateur de cinéma pendant 4 heures d’horloge uniquement entrain de suivre une série ; ça ne m’est jamais arrivé!

Englouti dans un grand canapé, refusant de décrocher aux nombreux coups de fil, dans le seul but de décrypter, épisode par épisode la série «Les Facebookers» avec l’argumentaire du producteur / réalisateur Ibrahim Olukunga, y avait pas mieux.

L’opinion nationale en parle depuis un semestre : la série «Les Facebookers» est sur toutes les lèvres des jeunes et notamment des cinéphiles. Certains veulent y figurer en tant que comédien tandis que d’autres s’impatientent devant leur poste de télévision avec des pop-corns pour enfin le voir.

Qu’est ce qui passionne tant les cinéphiles à propos de cette série ?

Loin de faire dans l’enthousiasme rédactionnel ou dans l’exaltation, «Les Facebookers» est une série de 52 épisodes qui s’est immergée complètement dans monde hétéroclite des férus des réseaux sociaux. Je ne vous apprends rien ; le monde aujourd’hui se converge et se résume dans son GSM. Le téléphone portable est le compagnon le plus fidèle de l’Homme. Ce gadget électronique est au centre de tous les bouleversements sociaux. Les jeunes, principaux utilisateurs, en ont fait leur dogme.

Ibrahim Olukunga en a consacré toute une série autour cet outil avec une fixation sur la plateforme de discussion «Facebook». Contrairement à ce que j’avais pensé au départ, cette série ne fait aucune apologie sur cet utilisateur encore moins son fondateur Mark Zuckerberg. Aucun logo, ni la moindre page de cet utilisateur n’est présenté à l’écran. Ici la série «Les Facebookers» est simplement un état d’esprit perçu comme une psychose dans notre monde moderne. Tout le monde ou presque en est victime. Dans cette série, toutes les couches sociales et toutes les générations sont ironiquement présentées.

Contrairement à certaines séries burkinabè que j’ai souvent eues à regarder, «Les Facebookers» montrent une autre image du Burkina. En termes de casting, de paysage, de langage et surtout du feeling. C’est le Burkina moderne en résumé ! C’est à peine que l’on peut situer l’origine des acteurs et la situation géographique du pays du tournage.

Le casting et le jeu d’acteur ont été goupillés à la perfection. Aucun détail n’a été laissé en quarantaine. Les différents acteurs principaux ont su fidèlement incarner leur rôle.

Heureux par exemple de constater que ; l’artiste Spidy (le gyrophare de la série), est au diapason en terme de jeu d’acteur dans cette série. Une autre artiste (très insaisissable) Hooria Dembele, m’a personnellement «séduit » par son jeu d’acteur ! On dirait qu’elle est à son énième long métrage, pourtant, c’était sa première apparition à l’écran en tant que comédienne. Malheureusement, elle a fugué prématurément le tournage pour des raisons encore non élucidées. J’ai eu également l’agréable surprise de voir à l’écran des célébrités comme l’artiste Francois De Paul Koussoube dans un tout autre rôle qu’il a su bien incarner. Ma «préférée» Daisy Franck Siambo, dans le rôle de femme de foyer dupée d’abord par son époux puis ensuite revancharde. L’auteure de «Dedicas», était complètement échaudée dans son personnage. Rien de surprenant en elle, Daisy a su toujours jouer sa partition quelque soit la filière qu’elle emprunte (Mannequinat, musique, danse, cinéma…). Le svelte man Dicko Fils n’a pas voulu trop se dérober de son caractère flegme dans le rôle qu’on lui a attribué dans cette série. Stoïque, calme et conciliateur dans son scénario. Quant à Greg Burkimbila, sans commentaire ! Il n’a pas eu à faire trop d’efforts, d’autant plus que, c’est le même rôle qu’il joue dans sa vie quotidienne en tant qu’artiste musicien qu’on lui a attribué.

Pendant que j’observais avec assiduité, séquences par séquences chaque séries, j’ai été bluffé par le jeu d’acteur de certains comédiens que j’observe souvent dans les réseaux sociaux. Le casting corrobore parfaitement à la virgule prête à leur personnage. Azata Soro dans le rôle de Mimi, il n’y avait pas mieux qu’elle dans cette série. Son kidnapping lors de son mariage s’apparentait à une téléréalité. Le Top model Safyatou Traoré dans le rôle de Lolita (petite ami d’Abel Bakyono dit Arnaud sexy dans la série), était dans sa peau ! C’est du Safyatou pure, dure et pugnace ! L’artiste musicienne Michouana a non seulement fait étalage de sa beauté sublime, mais également, elle a fait montre d’une aisance verbale digne d’une comédienne aguerrie. Pourtant ce ne sont que des novices. Quant à Doria Elektra, pour ceux qui la connaisse, elle a incarné son propre rôle dans cette série à la seule différence prête que cette fois-ci, elle était étroitement coachée par un réalisateur. Donc pas de débordement.

Des nouvelles stars du 7è art burkinabè comme Alassane Dakissaga (dans le rôle de colonel) et Moussa Guigma étaient dans leur univers, épaulés grâce à l’assistanat étroit de leur réalisateur maison Ibrahim Olukunga. Une collaboration qui a dépassé le cadre professionnel et qui ausculte aujourd’hui le milieu fraternel et amical. «Nous sommes devenus une famille. Chacun apporte sa contribution sans préjugés ni clauses contractuelles» affirme Ibrahim Olukunga (PDG d’Afrimov). J’ai effectivement eu à le constater lors du visionnage de la série chez lui. Le jeune acteur principal Spidy et quelques acteurs étaient installés en toute intimité, faisant une relecture approfondie des différentes séquences.

Il est souvent de coutume que certains de nos films réalisés par nos jeunes cinéastes, pêchent sur certains aspects techniques (images, voix, montage, scénario…). La série «Les facebookers » telle que je l’ai vu ce jour, me laisse augurer des lendemains meilleurs. Il y a eu même des séquences où le réalisateur a été obligé de les annuler purement et simplement pour la simple raison que le son n’était exact. Pour d’autres réals, ils allaient laisser passer. La qualité des images frisent la netteté pure. Tout est passé par l’étalonnage avec des décors et des costumes glamour. Les appartements de tournage ont été tous loués pour la circonstance. Le mobilier et la décoration ont été complètement goupillé au gout de la série et du réalisateur. Les costumes des comédiens ont été achetés dans les boutiques de prêt à porter de luxe reflétant le côté glamour, sensuel et séduisant des acteurs.

Une série qui, à mon avis, vient à point nommé étaler à la place publique les ravages et le séisme, que nos I Phones et autres gadgets téléphoniques occasionnent dans notre société. Personne n’y échappe et les jeunes sont les principales victimes. On y trouve de l’intrigue, du suspens, de la cyberescroquerie, de l’amour, du pardon, de la médisance…

Une idée originale certes d’Ibrahim Olukunga, mais cette série mérite que l’on y prête une attention particulière. C’est un nouveau monde qui se présente face à nous et dans les 10 prochaines années, si on n’y prend pas garde, on serra non seulement acculturé mais envahi par des phénomènes comportementaux surnaturels.

Une telle série mérite à mon humble avis, une coopération financière digne d’un film hollywoodien.

Jabb’Art !

Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

Tags: ,,

Commenter

Votre E-mail ne sera pas communiqué.

Newsletter

Tackborse musique et video du burkina   

Entrez vous adresse E-mail pour rester connecté

  • Vidéos
  • Musique
  • Clips
  • Actualité

Soyez les premiers informés des nouveautés sur le site 100% Culture du Burkina Faso

S'abonner!