MY CITY : Pourquoi sommes-nous aussi complexés ?

On parle de plus en plus de renforcement des politiques et industries culturelles dans notre pays. Ce qui a d’ailleurs permis au gouvernement de mettre l’accent sur le développement de ce secteur notamment dans les politiques publiques. La politique nationale de la culture adoptée en 2009 et la stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), adoptée en 2011, ont vraiment apporté une place très capitale dans le développement des industries culturelles au Faso.

C’est surtout dans le but de renforcer la contribution de ce secteur à la création de richesses et d’emplois que 3 jeunes et dynamiques ministres ont salué l’initiative de MY CITY COMPANY en marquant leur présence hier à la faveur du lancement de leur activité.

Les ministres ont pris la parole et c’est la phrase de celui de la Culture des Art et du Tourisme, Tahirou Barry qui a davantage consolidé ma réflexion. «Nous allons apporter notre soutien massif à ceux qui valorisent et se battent sans relâche pour la promotion du patrimoine culturel» a-t-il affirmé. C’est une phrase qui devait sonner comme une cloche dans la cervelle de nos acteurs culturels notamment les responsables de MY CITY COMPANY qui m’ont déçu dans les tréfonds même de mon âme ce soir-là.

Très belle entreprise, des appareils haut de gamme, deux studios aux normes internationales, des projets pertinents et réalisables (formation, énergie renouvelables, productions…) Bref tout le tralala qu’on demande à une telle structure.

Mais quand j’ai suivi avec attention, le discours de mon confrère et collègue Serges Ekra, qui a présenté magistralement la cérémonie, je ne me doutais pas un seul instant qu’une surprise désagréable m’attendait au virage.

Dès que Serges nous a convié à regarder le petit documentaire publicitaire de MY CITY, j’ai été scandalisé par cette musique qui a été utilisée tout au long de ce document. On parle de promotion culturelle, on parle de MY CITY «notre cité, notre culture», on parle de production des œuvres musicales burkinabè, on parle de l’expertise des acteurs culturels et c’est la musique étrangère qui anime tout un film documentaire ?!!!

Comment devant un parterre de ministres, des cadre des départements ministériels, d’artistes musiciens, des acteurs culturels chevronnés, des journalistes culturels, tous unis pour promouvoir notre culture et c’est la musique de Shadow Chris et bien d’autres artistes d’ailleurs qui font la bande sonore de ce film ? On se fout de notre patrimoine ou quoi ?

Donc il n’ y a aucun musicien burkinabè qui pouvait apporter sa touche musicale dans ce film ? Même pas une bande instrumentale locale montée par un de nos instrumentistes ? Même pas une musique Dagara ? Même pas un Ngoni peulh, Dioula ou un tam-tam gourmantché ?

Quand j’ai écouté d’entrée de jeu cette musique d’ailleurs, j’ai failli briser violement ma petite bouteille de Beaufort qu’on m’avait offerte auparavant ! On ne peut pas m’inviter à l’inauguration d’une entreprise d’audience culturelle et c’est la musique de mon voisin que j’écoute.
Ou nous sommes tous des plaisantins ou nous ne savons pas vraiment ce que nous sommes venus faire dans la culture !
Jabbar !

Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

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