Carrière de nos artistes : Après, ils accuseront la société de les avoir abandonné

Carriere des artistes

Parfois, je me demande si nos artistes prennent véritablement leur carrière au sérieux. Sont-ils conscients qu’ils représentent des authentiques entreprises ?

Ils embrassent cette carrière comme un cheveu malencontreusement tombé dans une soupe de boyaux pimentés. Pourtant, le métier de l’art exige un certain nombre de valeurs : le talent pour figurer parmi les meilleurs voire le meilleur, La passion pour être prompt à créer partout où le besoin de fait sentir et la ténacité pour demeurer dans la persévérance quel que soit les embuches et les difficultés.

Etre un artiste n’empêche pas d’être instable, il est même normal que cela lui arrive régulièrement. Car ça lui permet de braver certains obstacles et de se hisser au firmament. Cette profession est tellement médiatisée, raison pour laquelle, elle ne pourrait pas être accessible à tout le monde.

Il n’est donc pas aussi facile de vivre seulement de sa passion c’est-à-dire, de son art. Les fins de mois sont souvent morbides et généralement difficiles. C’est pour cette raison, qu’il est souvent quelque fois nécessaire d’avoir une seconde activité. Parce qu’on ne vous trompe pas ; Au Burkina et même ailleurs, rares sont ces artistes qui vivent de leur métier. Parfois quand, c’est corsé, ils font recours aux aides publiques ou privées. Le mécénat également joue un grand rôle.

Quand un artiste commence sa carrière, construire une équipe homogène autour de soi devrait être une priorité. L’artiste ne doit pas tout faire (créateur, producteur, communicateur, manager, tourneur…). Quand un artiste embrasse tous les métiers à la fois, soit il est égocentrique, soit il est insouciant. Au fur et à mesure qu’il engrange du succès, d’autres actions peuvent être menées parallèlement dans le but d’assurer une vie saine et prospère. Ça peut être ; des investissements dans l’immobilier, dans le commerce, dans le transit, dans la production artistique…La plupart des artistes sont des travailleurs autonomes, et tous seront appelés un jour, comme toute personne d’ailleurs, à prendre leur retraite. Pourtant, rares sont ceux qui pensent à garantir leur vieux jours après tant de succès. Ils vivent dans une forme de précarité extrême et leur progéniture deviennent des désœuvrées notoires voire des cas sociaux. Ils ne possèdent aucun compte bancaire et ne sont affiliés à aucune compagnie d’assurance.

Les raisons de cette désinvolture ne sont pas souvent loin. On les retrouve au moment où ces artistes étaient sous les feux des projecteurs. En prenant essentiellement le cas des musiciens, ces derniers pensent souvent qu’ils ne doivent que leur succès à eux-mêmes. Les managers à leurs yeux, sont des trouble-fêtes dans leur carrière. Pourtant, dans l’écrasante majorité des cas, les managers d’artiste effectuent Wed Hyack1un travail harassant pour un salaire de pacotille voire de catéchiste.

Ce que je sais, et ça personne ne peut me contredire ; les artistes, dans plus de 80 % des cas, ne vivent pas de leur métier. Donc comment leur manager, qui ne perçoit, au mieux, que 15 à 20 % de leur misère, pourraient-il en survivre ? C’est de là, que vient l’extrême rareté des managers et les conséquences sont lourdes pour les artistes. Mais fondamentalement, les managers travaillent bénévolement et les artistes finissent par s’y habituer. Les artistes ne font plus de grands efforts parce qu’on travaille bénévolement pour eux. Il s’ensuit souvent que certains artistes en arrivent à mépriser secrètement leur manager. Ils les jugent incapables puisqu’ils n’arrivent pas à générer les revenus que leur talent mérite. Ils démontrent la preuve de cette stupidité en indexant leur manager comme quelqu’un qui travaille pour avoir des cacahuètes. Malgré tout, ces artistes-là, gardent néanmoins leur manager comme on conserve une baby-sitter en attendant d’en trouver celui le plus célèbre.

C’est surtout quand il s’agit d’affaire de sous, que tout chavire. Les artistes se retrouvent pris par une crampe au poignet qui les empêche de remettre le pourcentage du manager après avoir reçu son cachet de spectacle. Ils trouveront d’excellentes raisons que le manager ne perçoive pas son pourcentage. Ce qu’il y a de plus pénible quand vous êtes manager, est le suivant : Essayez de réclamer vos 15 % une fois que votre artiste a chanté. Une fois qu’il a chanté et qu’il a eu un grand succès, il t’oublie complètement ! Il pense que c’est à sa voix magnifique qu’il doit tout. Le fait que vous ayez travaillé dur pour lui faire gagner cet argent est souvent omis. Il oublie qu’une partie de ces gains t’appartient. Il te dira «Oh, Jabbar j’ai pris un crédit chez mon voisin, je dois lui rembourser. J’avais besoin d’un costume neuf… J’ai dû acheter ceci, ça…je dois payer mon loyer et patati et patata… »

Je regrette beaucoup que les chanteurs ne prennent pas davantage la peine d’observer, au moins comment leurs managers se démènent. Ils ne le font pas par stupidité mais par vanité. Dans le meilleur des cas, le talent seul devrait suffire car la seule exposition dans le showbiz de leur voix, de leur beauté ou de leur charisme fluorescent devrait rassembler les foules. Mais tout cela ne suffit pas. Il faudrait s’entourer d’une équipe professionnelle qui coachera votre carrière. Si nos artistes réfléchissaient un peu loin que le bout de leur nez, ils se rendraient compte que, dans une certaine mesure, plus le talent est grand, plus il faut du temps et une équipe pour l’imposer.

Malheureusement, quand un artiste connaît la gloire il dit que c’est grâce à son talent et quand ça ne marche pas ou plus c’est de la faute de son manager ou pire encore, il s’en prend à la société.
Jabb’Art !

Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

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