Walib Bara (AN3 BBDA) : Mine de rien, en trois ans seulement !!!

Quand il prenait les fonctions de Directeur Général de la plus sensible des institutions culturelles de notre le pays ; le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA), seul 7% des burkinabè férus de la culture croyaient à ses compétences. Surtout au moment où cette structure s’engluait dans une crise sans précédent. C’était l’une des crises les plus impitoyables de son existence.

Trois ans presque jour pour jour (ça sera vendredi 12 juillet prochain), Walib Bara serait LA PERSONNE providentielle pour ce poste. D’aucuns vont même jusqu’à dire, qu’il est taillé pour ce poste et que génétiquement, la question de la gestion collective du Droit d’Auteur, a toujours circulé dans ses veines.

Tout en sachant que le Droit d’Auteur est avant tout juridique, qui désigne le droit dont jouissent les créateurs sur leurs œuvres littéraires et artistiques, Walib Bara, malgré sa formation d’administrateur culturel s’est pleinement senti apte à assumer cette mission. Les œuvres protégées par le droit d’auteur sont assez vastes et complexes. Elles contiennent entre autres ; les livres les œuvres musicales, la peinture, les films, les créations publicitaires…Durant ces trois années, il aura été sur tous les fronts.

D’abord faire renaitre la confiance et la sérénité au sein même du personnel du BBDA. Puis ensuite assainir ce milieu O ’combien complexe et contradictoire des créateurs (musiciens, artistes plasticiens, écrivains, cinéastes….). De nombreux dossiers brulants étaient déposés sur son bureau quand il prenait fonction en juillet 2019.

Là où il a frappé fort ; c’est ce plaidoyer d’entrée de jeu pour l’augmentation des redevances de droit d’auteur de l’Etat qui est passé à 50 millions supplémentaires connaissant au passage, un succès retentissant.

En instaurant les « Journées de Promotion du Droit d’auteur » à travers la RDA (Rentrée du Droit d’Auteur), cela a permis aux uns et aux autres de comprendre le fondement et le fonctionnement de cette structure.

Puis ensuite, le problème de précarité de nos artistes, notamment ceux des plus âgés et vivants dans des conditions difficiles a été résolu à travers la mise en place de AMA (Aide aux Membres Agés). 22 millions ont été mobilisés pour les artistes du troisième âge.

La question de mobilité des artistes dans des pays européens notamment la France a été abordé au cours d’un programme qu’ils ont baptisé « Causeries professionnelles ». Le Consulat de France au Burkina Faso (visa dans l’espace Schengen), le BBDA et l’institut français en sont les initiateurs.

Une réorganisation de l’organigramme du BBDA a même été opéré et qui a vu l’introduction de deux structures : Le PCQ (Pool Contrôle Qualité) et la CSD (Cellule Stratégie de Développement).

Depuis plus de 30 ans une assemblée générale n’avait pas eu lieu au BBDA. Ce moment a été culminant, car l’ensemble des membres du BBDA s’est vu impliqué dans les instances décisionnelles. Ce qui a même permis de lancer, un audit organisationnel et financier assorti d’un plan stratégique de développement sur les trois prochaines années.

L’épineuse équation sur la révision des contrats avec les téléphonies mobiles a été aussi abordée avec acuité. Notamment, sur la prise en compte du téléchargement.

L’autre gros chantier était l’appropriation de la question du droit auteur par les instances douanières de notre pays. Un renforcement de la coopération BBDA-DOUANES par la visite des postes de Douanes et la tenue de séminaires et conférences sur les Droits de Douanes a permis d’accorder leurs violons. Ce qui a diligenté l’augmentation de la cagnotte au niveau des perceptions.

En marge et pendant le FESPACO 2019, des ateliers sur le financement du cinéma et un séminaire conjoint de la Confédération des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs avait eu lieu sur le thème : «L’écosystème du droit d’auteur dans l’audiovisuel». Une belle diplomatie qui s’est soldée par une signature de convention entre le FESPACO et la CISAC. Une signature de convention de réciprocité Entre le BURIDA et le FESPACO et d’autre part, entre le Conseil Supérieur et de la Communication (CSC) et le BBDA.

L’autre point prépondérant depuis qu’il est à la tête de cette institution, c’est l’adoption de son projet sur «Le renforcement de la filière musique et ses nouveaux modèles économiques au Burkina Faso et dans certains pays de l’UEMOA» qu’il avait présenté lors de la dernière session du Comité de Développement de la Propriété Intellectuelle (CDPI) à Genève en Suisse le 22 mai 2019 au siège de l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Internationale). Un judicieux projet qui est parti du constat que la musique souffre d’un déficit en termes de structuration de corps de métiers. Les artistes sont à la fois auteur-compositeur-interprète-producteur-distributeur. Elle souffre également du manque de jointure entre les organismes de régulation et les bureaux du droit d’auteur. Et enfin, cette facture numérique qui avantage les grosses plateformes de téléchargement sur le continent mais qui n’est pas conséquemment repartis aux créateurs.

Le volet d’identification et surtout d’authentification des œuvres littéraires et artistiques a été doté d’une nouvelle commission que le BBDA a appelé le CTIOLA (la Commission Technique d’Identification des Œuvres Littéraire et Artistiques). Elle est chargée d’indiquer les catégories auxquelles appartiennent les œuvres soumises aux déclarations, puis d’affecter aux œuvres examinées, des coefficients suivant le genre. Elle est aussi habilitée de produire tout avis ou recommandations nécessaires à l’amélioration de la documentation des œuvres et des ayants-droits.

En trois ans seulement, si un jeune administrateur culturel et producteur d’artiste, né en novembre 1975 arrive à faire ça ; c’est que nous avons une jeunesse dynamique. Il suffit simplement de leur tendre la main et de croire en leur compétence.

Pour votre gouverne, sachez que Walib Bara de son vrai nom Wahabou, a fait ses études à l’Université de Ouagadougou d’où il en sort avec une licence en Sociologie et une Maîtrise en Arts, gestion et Administration culturelle (AGAC). Il a été même manager des artistes tels que : Smockey, Sissao… et producteur du Groupe Yeleen pour leur album «Dar Es Salam» en 2007 et Awa Sissao. Il neuf ans, il créa VISION PARFAITE, une agence évènementielle, production, communication etc. jusqu’à ce que le Conseil des Ministres du 29 juin 2016, le place à la tête du BBDA. Entre temps, en 2014, il avait publié son livre sur le «Management de la musique au Burkina Faso : Amateurisme, conflits d’intérêts et défis de professionnalisation». Edition Le Gerstic, collection «Management et Organisation». Du 4 au 8 février 2019, Walib Bara avait participé à l’Académie de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), qui a tenu une formation à destination des professionnels des offices et sociétés de droit d’auteur. C’était la première fois que cette formation est délocalisée sur le continent africain et au Burkina Faso en particulier qui totalise 34 ans de gestion collective des droits d’auteur à travers le BBDA.

Ce Chevalier de l’Ordre du mérite des Arts et de la Communication, avec agrafe musique et danse en 2013 est devenu en trois ans, l’avocat défenseur des créateurs burkinabè. C’est le Monsieur DROIT D’AUTEUR du Burkina Faso et de la Sous-région.

Trois années concluantes où il a pleinement rempli sa mission et loin de s’appesantir dans l’autosatisfaction, l’homme de Beguedo est loin de vouloir dormir sur ses lauriers. Bien au contraire, la question du droit auteur selon lui, doit être abordé de façon collégiale sur tout le continent africain en tenant compte de l’avancée des nouvelles technologies du numérique. Les vrais prochains défis du Droit d’auteur dans le futur, c’est le numérique !

Mais néanmoins, il serait important que les différents acteurs qui sont impliqués directement dans la gestion collective des droits d’auteurs puissent être au même diapason que le DG du BBDA. On a l’impression qu’il est le seul capitaine du navire. Est-ce que ces administrés arrivent à suivre son rythme ? Sont-ils animés par ce même dynamisme et cette même détermination ? Est-ce que la question du Droit d’auteur est suffisamment comprise par les différents créateurs ? Est-ce qu’après son départ (car il sera un jour appelé à d’autres fonctions), le BBDA va-t-il retomber dans les mêmes travers ? Ce que personne d’entre nous ne souhaite…

LECHAT !

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