La face hideuse du showbiz burkinabè

Le droit cuissage, le racket, l’escroquerie, l’arnaque, l’exploitation artistique, tels sont entre autres, les maux qui exacerbent le milieu du showbiz burkinabè. Entre abus de pouvoir, clanisme et réseaux mafieux, les acteurs du monde du spectacle ont atteint un record assez alarmant. Près d’une trentaine d’années d’érection d’une industrie culturelle, l’amateurisme et l’ignorance des textes en matière d’organisation de spectacle et du management artistique restent prédominants.

Le contrat-type de référence du management artistique au Burkina Faso, renferme des clauses, à la limite abusives, qui dévalorisent et mettent l’artiste sous les talons de son manager (confère article 3, article 6, article 7, article 10 et article 11 du contrat-type).

Ces abus relevés, laissent percevoir clairement que l’industrie musicale burkinabè se met en marge des textes internationaux en la matière, dans la pratique.

Les mêmes qui exploitent aujourd’hui, sont les mêmes hier, qui ont élaborés de façon sectatrice ledit contrat type pour mieux dépouiller les artistes. Depuis 2008, le document n’a subi aucune actualisation. Des contrats abusifs, taillés sur mesure, continuent d’être proposés au calme.

Les managers sont plus fortunés quand bien même leurs artistes croupissent dans la précarité. Ailleurs, un manager est un employé de l’artiste et non l’inverse. Au Burkina Faso, il y a des managers généraux qui touchent 40% et des producteurs-managers 80% sur le revenu de l’artiste. C’est criminel ! Il est vrai qu’un contrat est libre entre deux parties mais un manager qui va au-delà de 20% en abuse, quand on sait les limites de sa tâche.

Ce sont encore les mêmes qui proposent aux musiciens accompagnants, 1000 à 2000 FCFA les répétitions. Il n’existe pas de réglementation à ce niveau certes, mais là, il faut s’en prendre aux instrumentistes eux-mêmes qui se font les coups bas. Tant que vous ne parlerez pas avec la même voix, vous serez toujours piétinés dans la chaine. Il faut s’ériger en association de bassistes, pianistes, batteurs, chanteurs, etc. le tout, sous le contrôle d’une puissante fédération. L’heure est au changement.

Outre ce volet, il est à noter qu’au niveau du statut de l’artiste et de l’organisation des spectacles vivants au Burkina, les textes réglementaires applicables sont négligés ou sont complètement talonnés par la plupart des acteurs du domaine. Du régime social et fiscal de l’ARTISTE SALARIE (l’artiste est lié à un employeur par un contrat qui est régis par le Code de travail) ou de l’ARTISTE INDEPENDANT (l’artiste exerce une profession libérale en dehors de tout lien de subordination) en passant par la réglementation de l’organisation des spectacles, les entrepreneurs et autres promoteurs culturels ignorent tout.

Les plaintes des artistes n’ont jamais manqué. N’importe qui se sert d’un évènement bidon, sur fond de promotion-valorisation de la culture, rackette ou escroque au mieux les institutions publiques.

Une bonne pléthore d’évènements sans fond et sans intérêt sert d’appât aux organismes, institutions, ONG, particuliers, etc. Des journalistes et animateurs ont trouvé leur caverne d’Ali Baba pour mieux s’en piffrer. Ils se sont mus désormais en organisateurs de cérémonie de récompense pour se faire facilement de gros perdiem.

Que dire de ce cercle vicieux où règnent le proxénétisme et la prostitution ? L’édifice s’érige difficilement parce qu’il y a de la mauvaise foi dans ce milieu.

Vous pouvez continuer de vous taire chers artistes et laisser la gangrène emphysémateuse gagner du terrain, mais tant que je vivrai je me répèterai, encore et encore, pour espérer un changement.

Malick SAAGA

Categories: Actualités

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