KUNDE 2019 : Salle inappropriée

Pendant que LECHAT est en train de mettre sous presse, le KUNDE 2019 vient de s’achever exactement à 1h07 mn ! Cette 19è édition a rendu son verdict. Un raz de marée pour l’artiste Floby qui aura raflé tous les trophées où il a été nominé. Soit au total de quatre trophées et bien évidement, le KUNDE D’OR.

Malgré les efforts consentis

Le palais des Sports de Ouaga 2000 a été une fois de plus réquisitionné pour cet évènement le plus convoité des cérémonies de récompenses de la musique en Afrique de l’Ouest. Parés de leurs plus beaux vêtements parfois achetés ou cousus pour la circonstance, les 1000 personnes et plus qui pris d’assaut ce temple du sport de main, ont certainement salué le décor et surtout le dispositif de haut standing de la scène. Tout était fin disposé pour rendre cette 19è édition moins critiquable. Le tapis Rouge jonchait l’entrée principale et le journaliste off de la soirée Freddy Lino, donnait presque le ton d’une soirée riche en strasses et paillettes. Quand il accostait les convives à l’entrée du gymnase, tout était correctement bien goupillé.

Une salle pourtant bien décorée laissait malheureusement présager une véritable fournaise qui se préparait à l’horizon. C’est un magma de chaleur qui se préparait derrière les immenses étoffes qui enveloppaient le «plancher» de ce Palais des Sports. Même le renfort des dizaines d’armoires froides qu’ils ont été installées n’ont pas pallié à cette alternative. Malgré les efforts consentis par le Comité d’Organisation des KUNDE conduit par l’indéboulonnable Jah Press pour rafraîchir cette soirée, c’est l’hypocauste qu’on aura vécu pendant cinq heures d’horloge. Il n’y a véritablement pas de solution pour contrer la chaleur dans cette salle. S’il s’avérait que le KUNDE se tienne toujours là-bas l’année prochaine, il serait préférable, de prévoir à la guérite, des éventails gratuits pour les invités. Ajouté à cela, la qualité sonore laissait à désirer tout simplement le côté acoustique n’existe pas dans un gymnase d’où les échos dans la salle et au micro. Un véritable casse-tête pour la régie.

Enfin, un couple de MC concis et précis

Alpha O dans une superbe rhétorique pour son speech d’entrée et Maguy Ursula Leslie Oka méthodique et subtile dans la censure pour des artistes qui tiraient sur temps lors de leur speech ; ce couple a tenu la dragée haute lors de cette soirée. Une soirée, avec un conducteur aussi garni et touffu ; normal que la coupure d’électricité aussi pète les plombs. Deux autres MC (Jacky El Feno et Alino Faso) en prélude au lancement de la soirée, réservés aux annonceurs, s’annonçaient superflus. Avec un maître de cérémonie pour tous les partenaires officiels pouvait bien diriger le «débat.»

Encore ce phénomène déambulatoire dans la salle

Une cérémonie censée refléter son caractère VIP devrait épouser ses codes surtout quand elle est diffusée en direct. Les différents vas et viens du public associés aux repas qu’on sert ostensiblement devant les caméras dépeintes outrageusement cette cérémonie. Est-il sincèrement important d’offrir des repas aux yeux des caméras à cette cérémonie ? Pourquoi ne pas réserver cette lourde tâche qui qui rend élastique la soirée, au moment des off avant ou après ? Tout porte à croire que le comité d’organisation des KUNDE utilise beaucoup de personnes inutiles. Elles pavanent entre les tables des convives sans rien chercher au final.

Limachel/To Finley top mais Jonas Boena Flop

Dommage que notre public reste éternellement moribond quand nos artistes montent sur scène. De la prestation de Marie Gayerie à celle de Tanya personne dans la salle n’a daigné applaudir. Ce qui les intéressait, c’était bien évident et à juste titre, leur éventail ou mouchoir pour se sécher. Mais dès que l’on a annoncé le premier artiste hors du Burkina, tohubohu dans la salle ! Néanmoins ; la prestation de Limachel /To Finley était de loin la mieux réussie de nos artistes locaux. Beaux échanges musicaux et surtout nostalgiques sur la scène. Malgré les échos du micro, Big Solid, Marie Gayerie, Amzy et Tanya ont fait de leur mieux. Mais comme toujours, en play-back. La prestation malheureusement la plus terne fut celle du jeune Josias Boena. Pourtant, avec uniquement sa voix et sa guitare qu’il sait si bien jouer, il allait donner une autre coloration à sa prestation. La touche humour de Philo Nanema également est passée, non seulement à côté, mais hors contexte. Beaucoup d’improvisations teintées d’ironie et de moquerie qui n’honorent pas le KUNDE.

Kerozen, Fredy Majounga, Roga Roga et Amy Koita enflamment la salle

Pendant que certains attendaient les célèbres Kif No Beat (certainement parce qu’ils n’étaient pas face à leur public), c’est encore Kerozen qui a monté la pression dans la salle. Pour manifester son immense joie, une dame est montée sur scène à ses côtés pour jeter tout son dévolu à l’auteur de «Victoire». Véritable hystérie dans la salle. Roga-Roga est venu rappeler aux quinquagénaires qu’ils savent encore danser le dombolo et le soukouss. Devant les caméras, ils étaient comme pétrifiés ou exorcisés. Fredy de Majounga quant à lui, est venu inoculer le virus de la tremblote aux invités, qui pourtant étaient épinglés jusqu’aux dents au départ de la soirée.

Quand on les voyait rentrer dans la salle à 19h30 tout sérieux, nerveux, épaules casés, personne ne pouvait imaginer que 3h plus tard, ils allaient entrer en transe dans la salle. Bébi Philip est monté sur a scène prouvant qu’il pouvait mieux faire en live. Cela s’est ressenti quand il s’est lancé dans un semi play back. Tout comme Roga-Roga qui a tenu à introduire en live son guitariste sur scène. Preuve que les artistes d’ailleurs commencent à décrier le play back dans les évènements de cette envergure. Amy Koita, comme la plupart des mélomanes, affirmaient que cette icône de la musique mandingue, n’a pas poussé la moindre ride. Toujours intacte !! Le très médiatisé groupe Magic Diezel avec leur tube révélateur «Allons à Ouaga » (Pardon du lapsus) c’est plutôt «Allons à Gagnoa», le public du Palais des Sports voulait effectivement aller à Gagnoa.

Quand l’électricité reçoit son KUNDE

J’étais prêt à parier becs et ongles que l’électricité allait jouer sa partition à ce KUNDE. En plus, elle l’a joué de la plus belle des manières. C’est au moment où le styliste international Soro Bis présentait sa collection, qu’à 00h00mn top pile, que : Patatras ! Le Palais des Sports de Ouaga 2000 est passé en mode obscurité totale. Pendant 4mn, l’électricité est montée sur scène recevoir son KUNDE pour ensuite laisser la place au styliste de poursuivre son défilé.

Floby couronné…Roi !!!

Le chapeau du Chef est définitivement ancré sur sa tête. C’est pendant que le groupe Kif No Beat entonnait son tube sur scène que le Baba a fait son entrée au gymnase avec la clique. Dix minutes après, il ne cessait de faire des vas et viens sur le podium pas pour jouer, mais pour brandir successivement les quatre trophées où il figurait dans les catégories. Certains ont même souhaité qu’il reste dans les coulisses, pour ne pas faire des allers/retours. Comme certains professionnels en analyse musicale burkinabè l’avait annoncé très tôt, l’auteur de «WEEDO » a raflé tout sur son passage cette année. C’est le peuple qui sait tous unis autour de ce phénomène de la musique burkinabè. Même l’épouse du Premier Ministre, malgré la question genre qu’elle a voulu prôner, elle n’a pas pu renverser la balance.

La 20è édition des KUNDE mérite une profonde refondation.

Il faudrait ; à mon avis revoir le concept de l’évènement. Faudrait-il toujours le tenir sus la forme d’un gala ou en théâtre ? Car le concept des cérémonies de récompense dans le monde se tient toujours en mode théâtre. Est-il nécessaire d’incorporer le défilé de mode pour un évènement exclusivement musique ? Surtout qu’on a même failli assister à une autre exhibition d’un groupe de sapeur. Ce qui alourdit conséquemment la soirée déjà très longue et chaude. Faut-il servir des repas pendant la soirée ? Pourquoi ne pas la rendre plus VIP avec des prestations sélectives des artistes en live ? Il serait important de modifier légèrement la composition du G5 que forme le comité d’organisation.

Afin d’annihiler la lourde paperasse et encourager la transparence, les fiches de nomination doivent être informatisée. Le numérique doit prendre le relai. Introduisez des plateformes spéciales pour permettre aux acteurs culturels de donner leur point de vue en ligne. Introduire dans vos catégories le volet numérique. Exemple : «artiste plus écouter en ligne » les streaming, les vidéos les plus vus, etc. Revoir fondamentalement la sélection des artistes dans vos différents catégories. Certains ne méritent même pas être nominé. Le choix d’une salle plus appropriée en attendant de faire un plaidoyer pour la construction d’un véritable complexe culturel à Ouagadougou.

Une édition notamment ; qui aura objectivement réussit au niveau du respect du conducteur et de la régie. C’est à saluer, surtout au regard du chao qui s’est passé à la clôture du FESPACO.

LECHAT !

Categories: Actualités

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