Le DG du BBDA répond au SYNAMUB: L’artiste ne perçoit que 65% du montant prélevé sur ses œuvres

« 81 agents sur les 86 que comportent le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA), sont rémunérés à partir des recouvrements des œuvres des artistes. Il est normal que nous cherchions à comprendre son fonctionnement ». Ces propos sont du secrétaire général du Syndicat national des musiciens burkinabè (SYNAMUB), Almamy KJ.

Nous avons rencontré ce jour 14 février 2019, le directeur général du BBDA, Wahabou Bara pour qu’il éclaire plus les lanternes. Il répond :

« C’est normal ! Comment fonctionne la gestion collective ? Un organisme est mis en place, les artistes donnent mandat à cet organisme de collecter les droits en leur nom afin de les répartir, d’accord ? Je vous prends un exemple simple, un artiste joue à la maison du peuple, le BBDA au nom du mandat qu’il a reçu de cet artiste va percevoir un montant par exemple de 100 000 FCFA. C’est une œuvre musicale, dans ces cas de figure 25% sont prélevés pour les frais de gestion. Ces frais sont liés donc aux salaires, à l’électricité et l’eau, 10% donc 5% pour le Fonds de promotion culturelle et 5% pour le fonds d’œuvre sociale. Les autres 65% sont répartis à tous les titulaires sur l’œuvre qui a été exécutée. C’est ça le principe de la science de la gestion collective. Et quand on comprend cela, on ne doit pas s’étonner de ce processus. Voilà comment c’est réparti.

Maintenant un artiste qui ne partage pas par exemple cette vision, peut décider de faire une gestion individuelle. Mais c’est parce que les gens ont compris que cette gestion individuelle des droits est quasiment impossible qu’ils ont eu recours à la gestion collective et au Burkina Faso, on donne un mandat au BBDA. Parce que sur une œuvre, vous n’êtes pas le seul. Il y a des co-titulaires sur cette même œuvre qui a été chantée. Vous avez l’auteur, le compositeur, l’interprète, le producteur qui est souvent l’éditeur. Vous avez au minimum cinq intervenants sur la même œuvre. Il faut alors trouver des mécanismes pour une répartition entre ces cinq par exemple en critère de taxation. C’est ce qui justifie le mécanisme de la gestion collective. On ne peut pas accuser le BBDA de prendre l’argent comme ça. Ce sont des textes qui régissent donc le fonctionnement.»

En rappel, le BBDA est un établissement public à caractère professionnel sous la tutelle technique du ministère de la Culture des Arts et du Tourisme (MCAT), parce que le droit d’auteur est un sous-secteur de la culture et sous la tutelle financière du ministère des finances et du développement. La gestion collective est une science nouvelle qui ne s’accommode pas nécessairement avec des règles de comptabilité publique. Depuis l’année dernière, l’équipe dirigeante du BBDA réfléchis sur une autre forme juridique, est-ce qu’il faut passer à une société privée ou à une société d’Etat ?

Malick SAAGA

Categories: Actualités

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