Featuring musical, la grande illusion des artistes Burkinabè

Ils sont de plus en plus nombreux ces artistes burkinabè qui sollicitent des collaborations musicales auprès de célébrités africaines. En les interrogeant pour mieux comprendre leurs motivations, la plupart répond vouloir booster leur cote de popularité et mieux encore conquérir un marché international.

Cette illusion dans laquelle tombe la nouvelle génération musicale est malheureuse et si aucune prise de conscience n’est faite, c’est l’hécatombe.

Il n’y a de mal à demander un feat avec un artiste célèbre mais que cette collaboration soit très bien justifiée.

On ne partage pas une chanson avec un artiste parce qu’il est célèbre, non.

On ne partage pas une chanson avec une star parce qu’on chercherait à s’ouvrir à l’international, non.

On ne partage pas un tube avec une sommité parce qu’on cherche à conquérir un autre marché, non.

On ne partage non plus un titre avec un nom célèbre pour garnir son press-book.

Il faut arrêter de mendier des collaborations au risque de s’humilier parfois pour y arriver. On ne fait pas un featuring avec un artiste parce qu’on aime sa tête, ou simplement parce qu’il est une idole. Un feat doit se justifier professionnellement et non amicalement.

La preuve est que beaucoup d’artistes Burkinabè ont été désillusionnés après leur moult collaborations. On ne se rappelle rien qu’hier ces différents featurings qui n’ont eu aucun impact perceptible sur la carrière de nos artistes.

Il y a eu entre autres, Yeleen et Magic System/ Smarty et Soprano/ Bill Aka Kora et Magic System/ Floby et DJ Arafat/. Aujourd’hui encore, la même illusion se poursuit avec Imilo le Chanceux pour son dernier single avec la star nigériane Chidinma.

Un featuring ou une collaboration artistique se veut un projet bien pensé qui fait profiter les parties prenantes. Derrière une collaboration, il faut un esprit, il faut une âme. Il faut aussi qu’il y ait dans cet échange artistique du « donner-recevoir ». Sinon qu’un boubou reste un boubou sur un cliché. Il n’y a donc pas de miracle possible.

Alors qu’est-ce que Imilo attend de Chidinma et qu’est-ce que Chidinma attend en retour de Imilo dans une collaboration musicale ?

Mais que peut bien profiter l’original de son imitateur ? Il y a sans doute un rapport de force qui va s’imposer puisque l’un est vrai et l’autre, une photocopie conforme.

Ce manque de confiance en soi ou cette idée de nos artistes à penser que le succès viendrait directement ou indirectement d’un featuring avec un nom célèbre est parfois déraisonné et déraisonnable. Il faut travailler avec ténacité à s’affirmer tout seul et laisser la collaboration s’imposer naturellement.

Malick SAAGA

Categories: Chroniques

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