Performance artistique des chanteurs, même Alif Naaba chante souvent faux!

En tombant sur une vidéo du prince aux pieds nus, un concert qui date de 2017 au Festival Lafi Bala à Chambery (France), posté sur Youtube par Black and white Production avec seulement 4384 vues en deux (2) ans, le grand Alif Naaba en personne s’est permis de chanter entièrement faux sur un des titres de son répertoire du soir.

Ce dérapage artistique très flagrant venant du prince de Konkistenga étonnerait certains profanes de la musique, mais pas les mélomanes avertis disposant d’oreilles abouties à l’écoute. Alif Naaba a commis une bourde chronique sur ce chant qu’il a dédié à tous les politiciens d’Afrique (vidéo 33e minute).

Bien vrai que la perfection (absolue) n’existe pas dans ce monde, si bien que même les plus grandes stars planétaires de la musique dont Alpha Blondy se tromperaient parfois sur scène, mais cette faute grave d’un artiste qui a près de 20 ans de carrière musicale n’est pas chose reluisante. Faut-il en rire ou en pleurer ?
Cette piètre prestation de notre kundé 2014 et de notre disque d’or collectif (récompensé avec le groupe Dub Inc) recentre le débat sur la performance vocale des artistes burkinabè. A l’instar de Alif, les adeptes du live comme Patrick Kabré, Ibrahim Keïta, Manwdoé, Smarty (depuis qu’il chante), entre autres sont aussi interpellés sur leur fausses notes vocales récurrentes. Il y a de quoi s’inquiéter pour cet héritage artistique que doit pérenniser la génération future.

L’autre fait constaté sur Alif est que depuis l’inauguration de la résidence « Paongo » en 2015, il ne fait que visiblement prioriser ses affaires économiques que sa propre carrière artistique. Le ministère de la Culture, le Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT), l’Ambassade des USA, Visa pour la création et bien d’autres ONG sont devenus de bonnes opportunités d’affaires pour lui. Le projet « Musique traditionnelle et nouvelles technologies » qu’il a bénéficié à coût de millions du (FDCT) en début d’année 2018 était moins pertinent. C’est certainement ces types de financement qui l’aident en partie, à assurer les charges de son entreprise. Sinon que depuis son 4e et dernier album « Yiki » en 2013, soit 6 ans maintenant, Alif Naaba n’a toujours pas annoncé un 5e album. Les financements pour le centre « Paongo » sont plus rentables que la sortie d’un nouvel album.

Alif doit rester professionnel car après avoir produit Nabalüm en 2018 avec qui il maintient de bonnes relations extraprofessionnelles, son social avec certains musiciens volerait aux éclats. En remplaçant Donald Simporé (pianiste) et de Ezekiél (battérie) du groupe formé exprès pour accompagner sa tendre protégée, le doute est vite plané dans ma tête.

Si Nabalüm n’a pas répondu à l’invitation du Salon de la Culture où j’interviens en tant que chroniqueur, il faut sans doute se dire que j’y suis peut-être pour quelque chose.

Que cela ne tienne Alif Naaba reste un chanteur professionnel et que j’écoute, mais des efforts restent à faire tant au niveau artistique qu’au niveau comportemental surtout.

Malick SAAGA

Categories: Chroniques

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