Djeli Sali: La mère d’ATT sur le marché du disque

Le lendemain des 12PCA le 26 janvier dernier, j’ai été convié non loin du stade municipal, à une dédicace assez exceptionnelle.

Une femme âgée de 70 ans conviait la presse et le public pour la sortie de son album  »Soro ka den ». Cette femme n’est autre que la mère de l’artiste ATT et la belle-mère d’Awa Sissao.

Le choix porté sur ma modeste personne pour animer et présenter cette cérémonie hautement culturelle, m’a personnellement surpris. « Pourquoi tu me demande de modérer cet évènement ? Je ne comprends pas la langue Dioula encore moins Dafing ou moaga » ai-je interpellé le producteur Cyrille Yeye en ces termes. « Tu es la personne idoine pour gérer une pareille situation » m’a-t-il répondu.

Bien qu’étant profondément épuisé, suite aux 12PCA, j’ai volontairement accepté de conduire ce point de presse particulier. D’autant plus que cette femme est une véritable icône de notre musique. Salimata Diara dite Djeli Sali est née en 1949 et elle est l’épouse du très célèbre Daouda Diabate. Tous des griots dans le tréfonds de leur âme, ils ont ensemble modelé la musique ouest africaine à travers des psalmodies d’anthologies qui ont été reprises par plusieurs générations.

C’est en 1981 que Maman Djeli Sali mettra son premier disque dans les studios de la radiodiffusion du Burkina. Véritable bibliothèque musicale et culturelle, ses oeuvres sont étonnées comme des cantiques religieux dans tout l’ouest du Burkina. Preuve que c’est une maman adulée. C’est une foule immense qui avait fait le déplacement ce samedi. Époux, frère, fils, petits fils, belle famille, fans et sympathisants tous sont venus manifester leur gratitude à cette déesse de la chanson.

Toute resplendissante avec un visage souriant et juvénile malgré le poids de l’âge, Djeli Sali est apparue tout au long de cette rencontre, en Reine mère, dotée d’une sagesse débordante. Ces chansons en témoignent. Elle a su parfaitement allier les messages teintés de témoignages aux rythmes typiquement locaux saupoudrés d’instruments modernes.

Personnellement j’hallucinais à chaque fois que j’écoutais la Maman de ATT entonner dès titres comme « Fataya », « Lama » et surtout « Soro ka den ». La justesse de sa voix alliée aux performances des tam-tam d’Issouf Diabate et de la batterie de Yacouba Kone, mérite que les générations à venir s’en inspirent.

J’ai passé tout mon temps à admirer cette Dame qui prend du plaisir à chanter juste et surtout dans un tempo discipliné avec à ses côtés: Son époux, son frère et son fils ATT. le Vieux Daouda Diabate à la guitare, le frère de Djeli Sali au coeur et son fils ATT à la batterie. Une famille épanouie musicalement et pétries de talent qui n’a pas laissé le public indifférent. Billets de banque s’envolaient ça et là pendant leur prestation.

Une occasion judicieuse pour moi d’apprendre la danse et le folklore Dafing avec à mes côtés comme coach, la sublime Awa Sissao. Cette dernière m’expliquait aux détails près et démonstrations à l’appui, les pas de danse de sa région. Une véritable osmose de rythmes et de traditions qu’on aimerait régulièrement rencontrer dans nos spectacles. Tout cela avec comme vecteur de cohésion, le houblon qui coulait à flot.

«  »Si on ne met pas un terme à cette dédicace, je connais ma communauté, demain va nous trouver ici  » souffle Sissao à Yeye producteur de Djeli Sali.

On ne finit vraiment jamais d’apprendre et de découvrir dans ce vaste champ culturel burkinabè. Malgré la fatigue somnolente qui m’animait ce soir-là, j’ai tenu à participer activement cette dédicace riche en enseignement.

LECHAT !

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