Bilan WAGA FESTIVAL: Une édition réalisée aux forceps

La 18ème édition de WAGA FESTIVAL a baissé ses rideaux le 18 novembre 2018 du côté de la cour du FESPACO avec la prestation finale du Groupe Campus Ambiance.

Ce festival est réputé pour son ancrage dans la sphère musicale de notre pays. L’histoire de ce festival, est aussi son héritage. De Festival Ouaga Hip Hop à WAGA FESTIVAL, cet événement a marqué, non seulement son empreinte dans le milieu de la musique, mais également il a été le pionnier des festivals de Hip Hop à travers le continent.

Suite à la crise de financement et au retrait des grosses institutions dans l’accompagnement des activités culturelles en Afrique subsaharienne, le festival a pris un sérieux coup. D’où ce changement de dénomination pour davantage s’ouvrir aux musiques urbaines.

Aujourd’hui WAGA FESTIVAL tente chaque année de reprendre ses lettres de noblesse, mais sans succès éclatant. Son promoteur Ali Diallo, bien qu’il reste téméraire, n’arrive pas souvent à recoller les morceaux. Le problème crucial de ce festival, c’est bien sûr le manque financement.

Pour un festival qui était un exemple dans le continent, le voir subitement chuter comme un château de cartes, attriste plus d’un. Au moment où d’autres événements de ce genre, plus jeune que lui, connaissent des affluences et participation records, WAGA FESTIVAL trottine.

WAGA FESTIVAL s’est plutôt recroquevillé dans sa localité en programmant uniquement les artistes burkinabè et de surcroît, ne résidant qu’à Ouagadougou. Pourtant, 18 ans après, on espérait par exemple voir Bouba, MHD, SOPRANO, Kif No Beat, TENOR, YOUSSOUPHA ou encore DJ KHALID sur cette scène.

Pour éviter de mettre la clé sous le paillasson, une sorte de chaîne de solidarité s’est formée autour du promoteur, afin que ce festival garde au moins « sa tête hors de l’eau ». Amis, Artistes, Sympathisants nostalgiques, journalistes spécialisés ou encore acteurs du showbiz d’une certaine génération, apportent depuis quelques années, leur contribution sur plan humain, expertise et parfois logistique. Mais le nerf de la guerre est quasi inexistant.

Aucun partenaire financier n’accompagne cet évènement. À telle enseigne que, son promoteur est contraint de l’organiser au rabais.

Au niveau du plateau artistique : le choix des artistes certes est à saluer, mais, il méritait d’être renforcé par les artistes venus de Bobo Dioulasso et des autres pays. Les acteurs, dans leur globalité ont été à la hauteur. Les spectacles rendus ont été acceptables. La régie son et lumière a tiré son épingle du jeu. Seydoni Burkina qui assurait cette partie technique a admirablement joué sa partition. Une scène gargantuesque digne d’un festival.

Le public a répondu de façon mitigée à l’instar de la journée du samedi qui aura nettement été meilleure. La morosité de l’ambiance qui a prévalu durant les 72h est également dû à l’emplacement du site du festival. Non seulement, l’aspect communication n’a pas été déployé, mais également ce site est situé dans une zone non résidentielle. C’est la raison pour laquelle, ceux qui osent emprunter cet espace, martèlent en priorité sur la com. Le site de la mairie de Bogodogo serait idéal pour cet événement.

La prestation de l’imprésario principal Jacky El Feno Bassono a été à l’image de ce festival. Taciturne. Rien à se mettre sous la dent. À la limite, il aura été en dessous de nos attentes. Son omnipotence et son omniprésence dans les cérémonies dans la capitale y sont également pour quelque chose. Il est de plus en plus, surbooké. C’est la raison pour laquelle, il a fait certainement appel à un poussin de l’animation Soufiane Ouedraogo pour le suppléer. Tout en mettant sa prestation dans le moule d’un débutant, ce dernier a du chemin à parcourir. Heureusement que la volonté y est.

Tout en déplorant le manque d’hygiène et l’absence des pôles de toilettes, il est important, voire capital de toujours prévoir des toilettes mobiles dans un festival à ciel ouvert. De surcroît dans la cour du célèbre site du FESPACO. on apercevait des festivaliers uriner soit sur la clôture du FESPACO, aux abords des véhicules et même sur les murs du vieux bâtiment dit hanté.

L’élan de solidarité qu’ont affiché les acteurs du showbiz pendant ces trois jours est à saluer. Ceux qui étaient présents dans la capitale, n’ont pas hésité à faire un tour. Il n’est pas souvent coutume de saluer la pugnacité et le dévouement qu’a fait preuve le manager de Pamika Burkina, Kenzo Cash Liguidi tout au long de ce festival, mais il a été le maillon fort dans l’organisation.

Une édition réalisée aux forceps qui s’achève heureusement sans le moindre incident.

Pas besoin d’épiloguer de midi à 14h, WAGA FESTIVAL est victime d’une profonde crise de financement.

LECHAT !

Categories: Actualités

Commenter

Votre E-mail ne sera pas communiqué.


1 + 8 =


Newsletter

Tackborse musique et video du burkina   

Entrez vous adresse E-mail pour rester connecté

  • Vidéos
  • Musique
  • Clips
  • Actualité

Soyez les premiers informés des nouveautés sur le site 100% Culture du Burkina Faso

S'abonner!