Kalam brise le mythe de la tradition moaga avec son kundé

Kalam est une auteure, compositrice, interprète burkinabè. Elle est une artiste quidam du cercle musical burkinabè. Son identité jusque-là est restée sécrète tant au niveau physique (visage) qu’à l’Etat civil. La chanteuse se démarque des autres artistes féminins en maniant allègrement la guitare traditionnelle moaga « kundé ».

Sa musique bien qu’elle soit commune parce qu’elle allie rythme urbain puisé du folklore moaga (registre musical dominant au Burkina), est à son image. La singularité de celle-ci est d’avoir osé briser tout le mystère du kundé, un instrument traditionnel sacré chez les mossé, autrefois réservé aux hommes. Notre artiste peut faire l’objet d’étude en sciences sociales. C’est cela son atout qui aurait pu mieux être exploité dans la stratégie de communication (je vous fais de la consultance gratuite hein, lol!).

En réalisant sa toute première œuvre discographique de six (6) titres intitulée « Woub-ri » (éducation en langue mooré), mise sur le marché le 11 octobre 2018, Kalam s’assume et prend son destin en main. Elle au moins, refuse de suivre la direction du vent comme bon nombre de ses collègues.

Attention, c’est un mystère qu’elle vient de percer, affrontant le tabou avec les représailles possibles en jouant le kundé. Est-ce cet audace qui explique le parrainage de la réalisatrice Valerie Kaboré, secrétaire à la Chambre de commerce et de l’industrie ? Si, c’est en substance sa réponse à laquelle j’ai eu droit !

Tout le mythe dressé autour de la chanteuse est fait à dessein par son équipe managériale dont Kosta Thegawende en vue de ne pas susciter le désintéressement. Pendant toute la soirée de la dédicace de « Woub-ri », la chanteuse n’a pas pipé mot. Comme une figurine exposée au musée, Kalam n’a eu droit à la parole qu’au moment de sa prestation live. Apparition morose sur la scène due certainement à la mauvaise régie, kundé en bandoulière, pied gauche sur la calebasse, l’artiste envoute tout de suite les invités avec sa voix suffisamment mûre et pure.

Kalam est une véritable artiste toute faite mais l’inquiétude qui s’impose est que son potentiel artistique ne soit promu comme il se doit. Deux raisons peuvent bien provoquer l’échec : la mauvaise direction artistique et la stratégie de communication plate. Kalam a une histoire particulière (relire plus haut) que son staff pourrait en faire bon usage. Si l’équipe la dirige vers la musique légère et bon marché, les dîner-galas, les concepts musicaux bidons, c’est étouffer le poussin dans l’œuf. L’artiste a une hauteur musicale, elle est vocalement assez originale et chante bien.

Son album est disponible sur le marché mais je la préfère en spectacle live que sur bande sonore analogique ou numérique qui étouffe tout son potentiel artistique.
Bon vent notre « kundé woman » !

Malick SAAGA

Categories: Chroniques

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