Cristalline «Je ne viens pas dans la musique pour faire de la figuration»

Artiste musicienne burkinabè résidante au Ghana. Christine Somé dite Cristalline est originaire du Sud-ouest. C’est entre Gaoua et Ouagadougou qu’elle s’est forgée un caractère et une discipline de vie loin et très loin de ses deux géniteurs décédés très tôt.

Cristalline a grandi sous la coupole de ses frères et sœurs qui l’apportait assistance et réconfort tant à l’école que dans l’insertion de la vie active. En 1998 elle s’installa au Ghana, pour poursuivre ses études et plus tard, se lancer dans la musique. Une passion d’enfance qu’elle est en train de concrétiser avec la sortie très bientôt, de son premier album multicolore en décembre.

Présente à Ouagadougou pour des obligations de studio, oxygenemag.info est allé à sa rencontre afin qu’elle se présente davantage aux mélomanes. A cheval entre plusieurs cultures et plusieurs langues (anglophones et francophones), Cristalline se prononce sur ce foisonnement culturel qu’elle fera ressortir dans ses prochaines œuvres discographiques. Entretien exclusif.

Comment s’est passé votre intégration au Ghana ?

Après quelques mois d’apprentissage de la langue anglaise, ainsi que les études pendant deux ans ; j’ai été recruté pour trois ans en qualité d’animatrice dans une radio ghanéenne de la place. Tous les matins, j’étais à l’antenne et les Week-end en soirée, j’étais DJ dans une discothèque de la place. On m’appelait DJ Christine (Rires..) c’était au Nord du Ghana à Tamalé. Suite à cela, j’ai rencontré l’homme de ma vie avec qui nous sommes mariés et nous avons eu une fille. J’avoue que je me suis complètement intégrée dans le showbiz ghanéen, déjà en qualité de première fille DJ dans les points chauds de la ville, ensuite, au fur et à mesure, avec les contraintes de couple, j’ai abandonné les animations pour me consacrer aux résidences de créations musicales. J’ai intégré une école de musique où j’ai appris le solfège et je joue à certains instruments à l’occurrence le Piano. Le décès précoce de mes parents et les moments de solitude, tentés d’évènements malheureux, sont mes sources d’inspiration pendant mes compositions.

Quels étaient vos référents à cette époque ?

J’ai beaucoup aimé la musique anglo-saxonne notamment ghanéenne. Il y a aussi le reggae avec Lucky Dube, mais j’aime beaucoup de rap des années 2000 avec les groupes comme Cleptogang, Yeleen, Faso Kombat. J’aime bien écouter Floby, surtout ses premières chansons et aussi la camerounaise Charlotte Dipanda.

Vous ferez votre entrée bientôt dans l’arène. Quel sera votre style ?

C’est une fusion de musique high-life, nigériane et Dagara. Je me sens bien dans cette musique de fusion qui s’exporte bien aujourd’hui. Il sera très difficile pour moi de faire une musique typiquement burkinabè ou venant exclusivement de ma région. Car ma vie en elle-même est faite de mélange. J’ai un époux français, je vis et je travaille au Ghana et je suis d’origine Dagara. Donc vous voyez que sera compliqué pour moi d’être figé ou de faire des chansons purement Dagara.

Quelles différences faites-vous entre l’industrie musicale ghanéenne et celle du Burkina ?

Le showbiz au Ghana est assez structuré. On injecte beaucoup de moyens dans la carrière des artistes. C’est une véritable entreprise. Par contre, au Burkina, on n’y accorde presque aucun intérêt. Ni les artistes c’est-à-dire les acteurs eux-mêmes, ne croient pas à leur métier. Malheureusement on copie beaucoup au lieu d’en créer. Avant de voir un artiste se lancer dans la musique au Ghana, il prépare tout à l’avance, il met sa culture et sa musique en avant. Bref, il a des moyens de sa politique, ce qui n’est pas le cas au Faso. Pourtant les générations de Georges Ouédraogo, Roger Ouango, l’Homme à la Guitare, Jean Claude Bamogo et bien d’autres étaient plus organisés. De nos jours, quelques uns émergent mais difficilement. Je salue le travail que font par exemple Floby, Dez Altino, Bil Aka Kora, Dicko Fils, Alif Naaba, Imilo Lechanceux.

Qu’est ce qui vous amène à Ouagadougou ?

Je suis en studio pour l’enregistrement de mon premier album dont la sortie est prévue pour décembre 2018. Je ne vous en dirais pas plus !

Quelle orientation allez-vous donner à cet opus ?

Je ne viens pas dans la musique pour apprendre. Je ne sors pas cet album pour après me poser des questions. Je veux être connue à l’international et pour cela, je mettrais tous les moyens qu’il faut pour l’atteindre. Je connais beaucoup de personnes dans la filière de la musique anglophone et même au-delà. J’utiliserai ce créneau et faire en sorte que, cette fusion soit ma véritable identité. Je ne viens pas dans la musique pour faire de la figuration, quand je décide de faire quelque chose, je fonce ! Je ferai des collaborations avec des artistes de part le monde. Je sais également que rien n’est facile dans la vie et j’y mettrai tous les moyens qu’il faut. Je laisse néanmoins l’appréciation aux mélomanes et je serai ouvert aux critiques pour mieux évoluer.

LECHAT !

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