Espaces de création: Les musiciens préfèrent les maquis

Les espaces publics, la Cité, ont toujours été nos terrains d’expression de jeu et par conséquent, nous ne pouvons jouer seuls. C’est dans les rues et sur les places publiques que nous déployons nos actions.

Les artistes musiciens, précisément raffolent ces endroits. Car pour s’exprimer, ils ont besoin d’espace. Malheureusement au Burkina Faso, ils n’en ont pas suffisamment, ni pour leur création, ni pour leur diffusion. Si les pouvoirs publics n’y trouvent pas d’intérêt pour le moment d’en construire, car ils auraient d’autres «chats à fouetter», dans ce cas ; que les intéressés aménagent les leurs.

Il est malheureusement inconcevable que, de nos jours au Burkina Faso, nos artistes préfèrent squatter les studios d’enregistrement comme des espaces de création. Pourtant, un studio d’enregistrement, comme son nom l’indique : est un local où l’on enregistre les œuvres phonographiques. La création, par contre se fait ailleurs ; dans les espaces aménagés pour la circonstance.

Contrairement aux artistes chorégraphes, plasticiens, comédiens : les artistes musiciens ne possèdent pas d’espaces de création encore moins de diffusion. Ils se contentent des studios d’enregistrement pour créer leurs œuvres. Excepté quelques uns, Alif Naaba (Paongo), Abidine Dioari (Boamani)… qui possèdent des espaces dédiés à la création, bons nombres parmi eux préfèrent ouvrir les maquis et dormir régulièrement dans les studios d’enregistrement à la recherche des programmations. Aucun travail tertiaire et basique de composition et de création n’est fait avec les musiciens et choristes.

Pourtant, certains de nos artistes, sont aujourd’hui suffisamment bien nantis. Construire ou aménager un petit espace de répétition voire même de restitution ne pourrait en aucun cas les ruiner. Bien au contraire. Attention : Avoir un home studio, ce n’est pas un espace de création ! Ces espaces les serviront, non seulement de loisirs artistiques, de rencontres, d’échanges, de création et de restitution avant d’aller peaufiner tout en studio. Au lieu d’inviter leurs collègues artistes venus du Cameroun, du Mali, de la Côte d’Ivoire voire même d’Europe et d’Amérique dans leur maquis (ce qui est avilissant et déshonorant), il serait sage et judicieux de les convier dans leur espace musical pour mieux troquer leur savoir-faire respectif. C’est aussi invraisemblable de nos jours, de croire qu’il y a des artistes qui arrivent en studio et parviennent à sortir leurs œuvres, sans n’avoir rien composé, rien créé et surtout sans inclure le moindre live ou instrument dans leur répertoire.

Pourtant, la pratique de la musique au Burkina Faso, est en pleine expansion.

Je me suis amusé à vous dresser quelques statistiques sensiblement exactes à ce sujet : La pratique de l’écoute de la musique au Burkina Faso est en plein essor. De 1998 à nos jours (ça fait 20 ans), la proportion de Burkinabè écoutant quotidiennement de la musique a triplé. Environ 8% des Burkinabè exercent régulièrement une activité musicale, ce qui représente près de 1.200.000 d’individus sur une population de 15 millions d’habitants répartie équitablement entre zones rurales et grandes villes.

Les rares études plus qualitatives que j’ai faites sur le public des concerts de musiques, montrent que ; ces musiques ne s’adressent pas seulement qu’à une population jeune et étudiante. Les trois quarts des spectateurs auraient entre 20 et 30 ans. Le Burkina Faso compte environ 15.000 groupes de musiques modernes et «Traditionnels» de 3 ou 4 musiciens en moyenne, en prenant la fourchette de 60 ethnies que comporte le pays. Soit 1 groupe pour 1000 habitants. J’ai recensé environ 150 lieux de concerts au Faso. Dont 6 salles de 2.000 places et plus, 144 salles de 250 à 500 places, dont 95% sont des salles de cinés antédiluviennes qui ne possèdent aucune commodité. Avec environ 4.600 artistes musiciens membres du BBDA, admettons que les espaces de diffusion sont dérisoires et négligeables.

Quant bien même, des concerts se font, il n’y a aucune originalité (playback). Toujours les mêmes artistes et les mêmes concepts. Pourtant, si nos artistes aménageaient leurs propres espaces de répétition et de création ouverte parfois au public, cela permettrait aux uns et autres de mieux jauger et surtout parfaire leur spectacle. A la fois considérés par excellence comme des lieux de réflexion, d’épreuves, de correction et de restitution, je suis convaincu qu’ils amélioreront la qualité, non seulement de leur spectacle, mais également de leurs œuvres.

Mais malheureusement; beaucoup préfèrent s’investir dans les maquis, en ayant pour principaux collaborateurs, les gérants et les serveuses, au lieu d’ouvrir des espaces de créations artistiques, pour renforcer leurs capacités.

LE CHAT !

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