Gnouhan, Styliste Modéliste: l’axe Ouaga Melbourne

Il y a des coups de fils qui retentissent souvent dans mon GSM, qui à priori s’avèrent lassants, mais au final je me retrouve au centre d’une exclusivité mondiale qui peut à la fois améliorer positivement la vie professionnelle d’un artiste et surtout renforcer davantage cette présomption en termes de pionnier de l’info culturelle au Faso.

Refuser de décrocher à un coup de fil pour un journaliste culturel, c’est faire preuve de mépris et de dédain vis-à-vis de son interlocuteur. Que ce correspondant soit inexpérimenté ou débonnaire, accordez lui un peu de votre temps.

Hier un coup de fil m’a permis de me retrouver devant, une jeune et joviale styliste burkinabè qui réside en Australie depuis sa tendre enfance (à l’âge de 5 ans). C’est dans cette ville, plus précisément à Melbourne, deuxième agglomération d’Australie après Sydney que Gnoumounouhan Cynthia Gaëlle Dao dite Gnouhan a bâti ce son rêve de devenir styliste/modéliste designer. Dans un pays où la communauté burkinabè n’atteint pas 30 âmes, cette splendide femme au regard étincelant et au sourire envoutant a su admirablement bien se frayer un chemin. «C’est à la faveur des occupations professionnelles de mes parents que je suis arrivée très jeune en Australie. Depuis l’âge de 13 ans, je nourrissais ce désir de me lancer dans la mode car, chaque fois que je demandais des tenues à ma taille, on n’en trouvait pas. J’ai décidé de confectionner les miennes. Certes ma mère était opposée à l’idée de me lancer dans la mode, mais j’ai eu le soutien de mon père. Aujourd’hui, suis fière d’exercer ce métier» Affirme la gracieuse Bwaba issue de la province des Banwa à Solenzo.

Elle aura néanmoins testé les pays comme le Ghana et l’Angleterre (Londres) pour s’implanter, mais l’environnement n’était pas propice pour son épanouissement. Elle a décidé de se replier sur Melbourne, tout en faisant des vas-et-viens occasionnels entre le Burkina Faso (surtout dans son village) et l’Australie.

L’Australie, ce pays multiculturel qui n’a d’yeux que pour le brassage culturel, possède comme capitale culturelle et sportive Melbourne. Située près de la baie de Port Phillip, dans le sud-est de l’Australie, Melbourne est la capitale de l’État du Victoria. C’est également un important centre commercial, industriel et culturel car elle abrite de nombreuses manifestations et institutions culturelles et sportives parmi les plus importantes du pays. En décidant d’installer là-bas, une unité de production, de promotion et de commercialisation de l’art vestimentaire de chez nous, «Ghnouhan Collection» est en train d’ouvrir une passerelle pour la culture burkinabè. «Les australiens sont très attentionnés sur ce qui vient d’Afrique notamment en ce qui concerne la mode. Ils m’ont affirmé que nos tissus sont de meilleures qualités mais ils sont lourds. Ils ne peuvent que les porter en fonction de certaines circonstances favorables au climat. Raison pour laquelle, je me suis lancée dans l’innovation en alliant nos matériaux à ceux des occidentaux. Le batik, le Faso Dan Fani et bien d’autres par exemple, épousent parfaitement cette fusion» analyse Cynthia Dao.

Présente à Ouagadougou dans le but de rencontrer les artisans, les tisseuses et les stylistes, Gnouhan voudrait convaincre ces techniciens de l’art vestimentaire à se lancer dans un environnement de fusion où nos valeurs artistiques seraient mises en avant. «Nous avons beaucoup de stylistes ou d’artisans européens qui débarquent au Faso et Afrique, utilisent nos matériaux locaux qu’ils vont présenter sous plusieurs forment dans des grands plateaux en Europe et en Amérique. Ils refusent de mentionner les origines encore moins le nom de l’Afrique. Nous devrions aller vers ces échanges culturelles et non copier» Renchérit notre compatriote.

En décidant d’embrasser la mode dans toute sa globalité, Cynthia brandit fièrement partout où elle bourlingue, ses origines à travers les accessoires de mode qu’elle confectionne avec la complicité des designers. Sacs, colliers, chaussures, bracelets…confectionnés à base de nos matériaux locaux font la fierté des Melburnians. Elle entend convaincre nos artisans locaux à s’orienter vers ce marché qui, non seulement hissera notre culture dans cette zone située au large de la côte orientale et qui s’étend sur la grande barrière de corail, mais pourrait faire rentrer d’importantes devises.

Sa présence à la première édition Ouaga Fashion Week, a été selon elle, un avant-gout du métissage entre FDF et les tissus occidentaux qu’elle compte développer à grande échelle à travers le monde. «J’y mettrai tous les moyens qu’il faut pour atteindre cet objectif » Conclut-elle.

Une jeune mine d’or à suivre de très près.

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Categories: Chroniques

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