SNC 2018: «Burkina is back!» une phrase qui revient

De tous ce qui a été énoncé comme discours ou propos lors de la 19è édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) à Bobo-Dioulasso raisonne comme une redondance presque mots pour mots de tous ce qui s’est passé lors des 18 dernières éditions. A telle enseigne qu’on a tellement définit la notion de la culture qu’on est maintenant obligé de redire les mêmes phrases. Mais pour les artistes et autres, la question culturelle dans toute sa globalité reste sporadique et lunatique.

Beaucoup de résolutions se prennent dans ces éditions mais rien n’est pris en compte lors des prochaines. C’est la rhétorique, la confabulation et le côté solennelle qui nous préoccupent.

Le caractère symbolique et ce côté patrimonial de la SNC commencent même à perdre ses valeurs. Certains acteurs commencent aussi à ne plus y trouver d’appétence ni d’intérêt à participer encore moins le public et les festivaliers. C’est le côté festif et accessoiriste qui intéresse le public.

Définition et aspects sécuritaires

Placée sous le thème : «Sauvegarde des valeurs culturelles enjeux et défis», la 19ème édition de la Semaine Nationale de la Culture se tiendra du 24 au 31 mars 2018. Deux discours ont particulièrement attiré mon attention ; celui du MCAT Abdoul Karim Sango et bien sur du PM Paul Kaba Thiéba.

Le premier, certes en revenant incessamment sur l’aspect sécuritaire de la manifestation, notamment sur les attentats que notre pays subit ces derniers moments, la SNC et notamment l’opinion nationale voudrait vivre au-delà de tout ça. Avancer malgré la menace, vivre autrement dans la vigilance et la prudence. Mais se focaliser uniquement sur cet aspect, attise davantage cette psychose. La sécurité fait son job, faisons aussi le nôtre en toute quiétude. Rassurons davantage nos concitoyens sur le fait que nous devons continuer à vivre en adoptant d’autres méthodes comportementales.

«Burkina is back !» une phrase lancée par le Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme, identique à celle de son prédécesseur sur la même tribune, en mémoire à l’attentat du Cappuccino en janvier 2016. Le Burkina ne va pas tout le temps «revenir», mais il doit avancer. Je présume.

C’est le Premier Ministre Paul Kaba Thiéba qui, au nom du PF a donné le coup de gong de lancement de la SNC 2018. Il a souligné sans surprise que la «SNC est un évènement important pour le Burkina» car selon lui, notre culture est le fondement de notre identité culturelle. Notamment à travers les valeurs de vivre ensemble, de nos mythes et traditions. Vivement que ces mots se joignent aux actes. Car, à l’heure où la haine et la rancune prennent le dessus sur la paix et le pardon, il est impératif de s’accouder sur un évènement comme la SNC pour recycler nos valeurs qui nous sont chères, notamment l’intégrité.

Selon moi, l’identité culturelle est un ensemble de critères qui découlent d’un sentiment interne. Ce sentiment identitaire peut être composé: d’unité, de cohésion sociale, d’hospitalité, d’appartenance de valeur, d’autonomie et de confiance mutuelle. Tout ceci dans le but aussi de s’ouvrir aux autres tout en gardant notre identité mais pas en copiant celles des autres.

1287 artistes au GPNAL

Trèves de discours ! Ce qui nous intéresse à cette SNC, se sont nos artistes. C’est dans une véritable cacophonie organisationnelle, qu’ils ont tenu à converger dans la ville de Sya en provenance des 4 coins du pays. Et apparemment la question de leur VILLAGE artistique qui était encore d’actualité récemment, semble être renvoyée aux calendes grecques.

Ils seront néanmoins 1 287 artistes qui rivaliseront de talent et d’ingéniosité dans les différentes catégories et disciplines du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL). Il y a notamment : les arts du spectacle des arts plastiques, la littérature en français, les sports traditionnels, l’art culinaire…Par ailleurs des expositions muséales, le marché des arts, les plateaux artistiques offs, le village des communautés, la galerie gastronomique, la foire artisanale et commerciale, les activités littéraires feront aussi partie des attractions.

Un certain nombre de suggestions ou encore d’innovations avait été énoncé à Banfora, lors d’un atelier en mai 2017. Parmi lesquelles, il était question de les capitaliser et de les mettre à profit à cette édition. Une nouvelle catégorisation des disciplines en deux sous-catégories avait été adoptée : les expressions culturelles modernes et les expressions culturelles d’inspiration traditionnelles. Afin de pallier au malheureux incident de l’édition précédente (incendie d’une partie de stands dans l’enceinte de la SNC), une police d’assurance avait été requise pour les festivaliers. Certains types de matériaux notamment inflammables devraient être interdits. On attend de voir !

Une cérémonie d’ouverture bric-à-brac

La SNC est l’une des plus grandes manifestations culturelles du pays voire de l’Afrique de l’Ouest ! Ce n’est pas moi qui le dis. Elle constitue sans fausse modestie, un cadre par excellence de valorisation et de promotion des biens et services culturels du Burkina Faso. Mais de grâce, maximum de professionnalisme !

Il n’y a plus de rassemblement populaire dans un espace public encore plus dans un stade sans que les aspects son, lumière et vidéo ne soient à la pointe de la technologie. Même ceux du privé, sans moyens réussissent à se doter du matériel sophistiqué. Il n’y a pas de raison que la SNC ne le fasse pas. Un podium qui laisse à désirer. Sans fond de scène, des enceintes disposées uniquement autour de la petite scène qu’on n’entend à peine au niveau des tribunes. Une sonorisation grisonnante avec des micros et instruments qui s’interrompent en pleine prestation. Des coulisses inexistantes sauf une pauvre bâche inclinée à la lisière du basculement. Et surtout une programmation toute décousue.

Les artistes sont d’abord informés de leur temps de passage, puis ensuite, tout est chamboulé avant de monter sur scène, puis après c’est à la vas-vite voir en plein spectacle qu’on chuinte leur prestation en live. Annoncés pour faire 15mn sur scène, certains artistes se retrouvaient en train de faire moins de 3 mn.

Sidiki Diabaté, la star attendue de pied ferme a refait sa balance pendant 15 mn en plein spectacle après que le présentateur Don King l’avait annoncé à deux reprises. Dans une prestation biscornue sans tête ni queue, faisant raisonner tout simplement les tintamarres sans aucune harmonie, le Malien a fait ce qu’il avait sous la main !

Habibou Sawadogo, la seule satisfaction !

Difficile de nos jours de ne pas affirmer que cette cantatrice soit au firmament de son art en cette année. Refuser ne pas la voir monter sur la plus haute marche du podium dans son pays serait être chauvin. Pour avoir démystifié la musique du terroir et la rendre consommable et digeste surtout hors de nos frontières, mérite qu’elle soit honorée à juste titre. Elle incarne en plus cette identité culturelle dont on voudrait voir éclore sous d’autres cieux. Bref Habibou Sawadogo est sur le toit de la musique burkinabè !

Le fait simplement de citer son nom devant une foule bigarrée, c’est un tohubohu sismique que vous engendrer. Arrivée sur scène, ses impressionnants jeux de jambes suivis des glissements tonitruants et successifs des pieds suffisent simplement pour haranguer la foule. C’est par un bain de foule majestueux, toute essoufflée qu’elle a quitté le stade en seulement 4 mn de prestation.

Dez Altino, Eunice Goula, Elgy, Imilo Lechanceux, le ballet National et bien d’autres, ont joué leur partition dans ce vrombissement d’instruments qui ne reflétaient pas leur talent intrinsèque.

Dommage que la Culture, et on ne cessera jamais de l’évoquer reste toujours cette dernière roue d’une carrosse dont on se souvient que quand elle est cassée.

Mais ce qui est encore plus dommageable, c’est quand le spectre de l’ancien Président du Faso Blaise Compaoré bourdonne encore entre les lèvres des impresarios en pleine présentation d’un évènement aussi grandiose comme la SNC. En plus en direct sur les écrans du monde.

Décidément, Roch Marc Christian Kaboré PRESIDENT DU FASO a du pain sur la planche hein !

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