Rama La Slameuse: « Je jure sur la tombe de mon pere…mon copain a moins de 75 000F le mois »

Elle est au coeur d’une polémique née depuis un certains temps suite à ses propos tenus lors d’une interview. Elle avait qualifiée le show-biz burkinabè de mafia et d’un monde voilé dans ladite interview qui a soulevé une grosse polémique sur les réseaux sociaux. Depuis lors, elle dit être victime d’actes de sabotages ces derniers jours de la part des personnes mal intentionnées qui auraient procédé à la destruction de ses affiches sur les grands panneaux implantés à travers la ville. Connue pour être une des artistes les plus fortunées de sa génération, au regard de ses nombreuses boutiques de prêt -à-porter installées dans plusieurs villes du Burkina Faso, elle est aussi détentrice d’une licence en droit général de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar. Cependant, elle a opté de s’investir dans le commerce qui, pour elle est un héritage familial. Son histoire avec la musique remonte en 2008. Auteur de deux albums dont le dernier en date « Cri de coeur » fait son actualité, Rasmata Diallo dite Rama la Slameuse dans l’interview qui suit se dévoile sans langue de bois à nos lecteurs. Lisez !

« J’AI OUVERT MA PREMIÈRE BOUTIQUE À 17 ANS… »

St Pierre Communication (SPC): Qui est Rama pour nos lecteurs?

Rama La Slameuse (R.S): Rasmata Diallo est mon nom à l’état civil, connue sous le nom d’artiste Rama la Slameuse. Je suis une artiste musicienne burkinabè, originaire de la ville de Yako dans le passoré.

SPC : Que fais-tu en dehors de la musique?

R.S : Avant d’embrasser une carrière dans la musique, Rama est avant tout une commerçante. C’est même un héritage familial pour moi. J’ai ouvert ma première boutique à Tampouy quand j’avais 17 ans. La deuxième toujours à l’âge de 17 ans à Kounghin Yaar vers Paglayiri. La troisième boutique à 19 ans à Karpala, la quatrième et la cinquième à Koudougou suivie de la sixième à Yako. Il faut dire que le commerce a été une partie de ma vie avant de venir dans la musique.

SPC : Qu’est-ce que tu vends dans ces boutiques?

R.S : Je vends du prête -à-porter. Je paie des bazins et du lin cassé en Mauritanie que je ramène à Dakar pour coudre. Je couds aussi sur place et les revends ici à Ouagadougou. Je paie aussi des habits, des chaussures , des sacs et des mannequins en Gambie que je liquide au prix en gros.

SPC: À quand remonte ta carrière de Slameuse et pourquoi avoir fait le choix du Slam?

R.S : Ma vie d’artiste de Slameuse a commencé le jeudi 8 février 2008 à précisément 15h51.

 »

J’AI UNE LICENCE EN DROIT GÉNÉRAL  »

SPC : Et pourquoi as tu fais le choix de « slamer » ?

R.S : Mon choix pour mon domaine de prédilection est simple. Il faut dire que Rama est une étudiante. J’ai poursuivie mes études jusqu’à l’obtention de ma licence en facultés de droit général à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Donc, la parole et la lecture ne me sont pas étranges. J’avais souhaité embrasser une carrière de diplomate après mes études, mais j’assume ce que je suis devenue aujourd’hui. C’est en 2007 lors de la crise ethnique entre les ivoiriens et les Burkinabè de San Pédro. Ce fut une crise à la quelle j’ai assisté et qui a arraché cruellement la vie de mes frères Burkinabè. Je me suis dis lorsque je vais grandir, je dirai au monde entier stop à la barabrie. À mon retour au pays en 2017, je suis tombée sur un slameur français du nom De Grand Corps Malade. Il m’a séduit par la poésie et la façon de rendre le texte. Depuis ce jour, j’ai décidé de choisir le Slam comme le seul moyen pour moi de pouvoir transmettre un message. Car, je veux éveiller les consciences en Afrique. C’est comme ça. Tout est parti de là et j’ai commencé puisé au fond de nos idéologies. Plus j’avançais plus les choses devenaient « Divins ». C’est à dire que l’inspiration m’étais devenue facile et je me suis mise à écrire mes textes. C’est en 2008 que j’ai pu faire mon premier enregistrement qui retraçait l’histoire de ma vie personnelle.

SPC: Tu dis être la première femme Slameuse du Burkina et pourtant, tu n’es pas aussi connue par le grand public.

R.S: Il y’a eu d’abord ma vie d’étudiante qui m’a séparée de mon pays étant donné que j’ai bossé au Sénégal. Ensuite, il y’a aussi mon commerce qui me prend énormément du temps. Cela m’amène à beaucoup voyager pendant les vacances et à la rentrée des classes je me concentre sur mes études. J’utilise le temps de mes vacances pour approvisionner mes différentes boutiques gérées par d’autres personnes. Donc, ce sont les deux activités qui m’ont éloignée de la scène.

« MA VIE EN JÉSUS EST MA PRIORITÉ »

SPC: Beaucoup justement trouve que tu n’as pas la tête sur tes épaules parce que tu serais une femme très fortunée. Que réponds tu?

R.S: J’ai beaucoup appris cela. Les gens disent que je n’ai pas la tête sur les épaules effectivement. Personnellement cela ne me surprend pas parce que j’ai plutôt de la peine pour ceux qui pensent ainsi de moi. Primo, Je défie quiconque hommes et femmes ou tout citoyen burkinabè de venir me dire où, on m’a déjà vu. Ça n’existe pas. De toute ma vie je n’ai jamais fréquentée de bars ni de boîtes nuits. Je ne sais même pas ce que c’est. Ce n’est pas ma vie. Secundo, Rama la Slameuse est une fille qui ne sort pas. Si je vous pose la question ; m’avez-vous déjà aperçue dans les rues de Ouagadougou en dehors de certains événements qui réunissent les artistes dans une salle? Non! C’est à quel moment ces gens m’ont vue? Depuis l’âge de 17 ans, j’ai appris à donner, à partager et à secourir dans la vie. Où est mon orgueil ici? Je ne suis pas le genre d’artiste qu’on voit à tout moment. J’ai un staff autour de moi payé à 150 mille francs le mois chacun. Même dans la communication, c’est très rare pour moi de prendre un appel sauf si c’est moi-même qui ait appelée. Je ne décroche pas des appels directement. Pour moi, ces gens cherchent à intimider les autres ou à ternir leur image. Ce sont des gens de nature qui ne supportent pas le bonheur des autres. De mon humble avis je suis une fille qui a les pieds sur terre. Simplement parce que je suis une chrétienne pratiquante. Ma vie en Jésus est ma priorité. Donc, cela m’empêche d’être orgueilleuse. Ces propos tenus à mon compte ne sont que de la diffamation. La Bible nous enseigne que lorsque le ciel t’élèvera, les enfants du Diable s’élèveront aussi.

« JE PLAIDE COUPABLE ….J’AI INVESTIE PLUS DE 23 MILLIONS FRANCS CFA DANS MA COMMUNICATION »

SPC: Recensement tu as tenu des propos jugés trop osé à l’endroit des acteurs du show-biz que tu as qualifiée d’un monde voilé ou de mafia. Qu’est-ce qui justifie de tels propos?

R.S: Aussi brave et aussi digne que je sois l’une des filles de la terre de Yako, je confirme mes propos. Je plaide coupable et je reconnais avoir dit haut et fort au cours d’une interview que le show- biz burkinabè est voilé d’un voile noir dans un milieu noir. Oui, je l’ai dit parce que 9 mois ce n’est pas 9 jours. J’ai vécu différentes d’expériences et chaque tournure de ma vie me permet aujourd’hui de porter un jugement sur le show-biz burkinabè. Je m’explique. Quelques années en arrière, j’entendais mes prédécesseurs , mes aînés et nos braves journalistes qui disaient que nos artistes n’aiment pas les critiques encore moins la vérité. Ils disaient aussi que nos artistes se contentent uniquement de faire des clips et communiquent pas autour de leurs œuvres. Parce qu’ils ne disposent pas d’un plan de communication. Moi, j’ai fais bon usage de tous ces conseils. Quand j’ai eu les moyens j’ai mis en place un long plan de communication. J’attends en retour que mes prédécesseurs ou de nos journalistes des encouragements. J’entends d’être un exemple pour mes collègues artistes afin d’exporter la musique burkinabè hors de nos frontières et que les autres pays fassent désormais l’éloge de la culture burkinabè. J’attendais que l’on me dise félicitations jeune fille. Mais à ma grande surprise, j’apprends que je fais des règlements de compte avec une collègue, que je l’agresse et mènerai une concurrence avec cette collègue, que je jalouse. Je suis jalouse de qui et pourquoi ? Je roule dans une voiture de 13 millions 500 mille francs CFA, ma mère roule dans une voiture de 21 millions 300 mille que je l’ai personnellement offerte, de même que ma petite sœur qui roule dans une 7 millions que je l’ai aussi offerte. J’ai réalisé un clip d’une valeur de plus 4 millions 440 mille. J’ai fais un casting qui m’a coûté plus 2millions, j’ai investi plus de 23 millions dans la communication de mon album. Avec un tel investissement personnel, qui je dois jalouser ?

« SI PAS À CAUSE DE MA FOI CHRÉTIENNE J’ALLAIS POURSUIVRE TEAM2FASO »

SPC: Ils se murmure aussi que tu ne serais pas en odeur de sainteté avec Malika la Slameuse. Qu’en est-il ?

R.S: Je ne connais pas la Malika la Slameuse. J’ai jamais eu affaire à Malika la Slameuse. Donc je peux pas dire des choses mauvaises sur elle. Elle et moi, on ne s’est jamais disputé dans la vie. Tout a commencé quand j’ai fais mes affiches sur les panneaux publicitaires. J’ai été surprise de voir la semaine passée (Ndlr) sur une page dénommée Team2Faso que je ne connais même pas , utiliser ma photo et celle de Malika pour demander aux internautes de choisir la meilleure Slameuse entre nous deux. J’ai remarquée que les gens au lieu de voter me dénigraient dans les commentaires. Mes amis m’ont même appelés depuis l’étranger pour savoir ce qui se passe. J’ai aussi appris que c’est moi qui ai demandée à Team2Faso de créer un buzz autour de moi afin de me faire connaitre. Si après avoir dépensé plus 23 millions pour ma communication, je ne suis toujours pas connue dans mon pays et c’est sur un buzz que je compte me faire connaitre, je pleure tous ceux qui pensent ainsi dans la vie. Je regrette énormément que je sois de même nationalité que ces derniers. Ce que je sais de mon peuple, c’est un peuple battant , courageux et le Burkina Faso a été construit sous le regard des braves gens. Je ne connais pas Team2Faso. Si c’est pas à cause de ma foi chrétienne j’allais les poursuivre. Je ne les connais pas et eux également ne me connaissent pas.

« POUR MA FILLE CROYEZ-MOI JE N’Y SUIS POUR RIEN »

SPC: Y’a -t-il pas un risque pour toi d’entraîner dans ta fille à cet âge dans le show-biz?

R.S: Rires….vous savez lorsqu’on a la foi en Dieu, on ne doit pas avoir peur du commun des mortels. Ma foi et mon excès de confiance en Dieu ne m’ont pas tuée.Ma fille, croyez-moi je n’y suis pour rien. J’étais à Jhoannesburg quand tout a commencé ici. C’est à mon retour au pays qu’elle m’a présentée son texte. J’ai vérifié autour de moi pour voir si quelqu’un y était pour quelque chose. Malheureusement, chez moi ici personne n’a fait de hautes études pour composer un texte pareil. Mon petit frère et ma petite sœur ont étudié le coran. Ma fille de ménage a un niveau de 4ème et personne n’accède chez moi à mon absence. Et pour tester les choses j’ai demandé à ma fille de se mettre à l’épreuve pour voir si cela est le fruit de son imagination. Parce que le slameur c’est celui qui sait puiser les mots au fond de lui-même. En ce moment ça devient le cri de ton coeur. J’ai coulé les larmes la première fois que j’ai écouté ma fille. Je lui ai dit écoute ma fille c’est bien beau mais, moi je refuse que tu rentres dans le monde des artistes car tu es mon unique fille. Elle m’a suppliée de le faire pour elle. Pendant les vacances elle suivait les cours de karaté. Et lorsque vient le temps d’aller aux entraînements, elle refuse d’aller suivre sa formation. Elle est même passée à la vitesse supérieure. Elle menace de ne plus aller à l’école si je refuse qu’elle enregistre son titre. Effectivement, j’ai été convoquée à plusieurs reprises par son école. Alors je lui ai permis d’enregistrer pendant ses congés avec l’arrangeur et guitariste de DJ Arafat. Et je viens de boucler son clip et la sortie c’est pour très bientôt.

SPC: Peux-t-on parler de projet avec ton album?

R.S: Il y’a beaucoup de projets autour de mon album. Il faut dire que le plan de communication et les panneaux publicitaires étaient pour forcer l’admiration de mes fans, mon peuple et tout le monde. Je prépare pour la première fois de ma carrière mon concert qui aura lieu au Palais de la Culture d’Abidjan sous le regard de 20 journalistes burkinabè, Sénégalais , Maliens et ceux de la Côte d’Ivoire. En un mot, je prépare mon concert au Palais de la Culture d’Abidjan. Après ce concert, je serai en tournée dans les 16 pays de la CEDEAO. Il faut aussi rappeler que les panneaux publicitaires de Rama la Slameuse sont implantés dans ces 16 pays de la CEDEAO ce n’est pas seulement au Burkina. Ici il y’a 104 panneaux et dans les 16 pays de l’espace CEDEAO, il y’a 15 panneaux dans chaque pays.

« JE SUIS NÉE D’UN PÈRE TABLIER ET D’UNE MÈRE MÉNAGÈRE  »

SPC: Qu’est-ce qui te tient à cœur en ce moment?

R.S: Honnêtement, j’ai gros sur le coeur et ma déception est grande. La seule chose que je veux dire à tous ceux qui vont sur les plateformes pour dire que Rama est jalouse ou que Rama mène une concurrence avec X ou Y. Que je planifie du buzz etc, que je suis loin de cette pratique infantile. C’est plutôt mon intelligence qui m’a envoyée à ce niveau de ma vie. Je suis née du père tablier. J’ai grandie voir que mon père n’avait pas de marchandises qui pouvaient évaluer à 200 mille f CFA dans sa boutique. J’ai une mère ménagère. J’ai appris à m’accrocher au corps de la vie. J’ai appris à m’accrocher au Seigneur. J’ai appris à réclamer avec force, les bénédictions de ma mère.(silence) ..j’ai été un enfant qui s’est battu corps et âme dans la vie pour en arriver là. Je me suis battue dignement et décemment. Mon bonheur surprend ceux qui sont autour de moi mais pas moi. Je trouve même que je mérite plus que ce que Dieu m’a donnée. Parce que les douleurs et les souffrances que subi dans ma vie pèsent plus que ce que je possède aujourd’hui. Alors je voudrais demander à mes frères et sœurs burkinabè à cultiver l’amour et à apprendre à s’aimer eux-mêmes. Nous sommes les enfants d’une même nation mais aussi d’un même créateur. Ceux que nous appelons papa et maman, ne sont que nos éducateurs ici bas. C’est pour cela que la mort les sépare de nous a un moment donné pour nous rappeler que notre véritable père est celui qui nous a créé à son image. Je demande donc à mes sœurs de ne pas jalouser mon bonheur car je viens de loin. C’est mon courage et ma foi qui m’ont conduit aux rouages de ma destinée. Si ma force venait d’un mortel, il y’a si longtemps j’étais tombée parce que beaucoup cherchent à me faire tomber.

« JE JURE SUR LA TOMBE DE MON DÉFUNT PÈRE….SI JE MENS QUE LA MORT EMPORTE LA VIE DE MON UNIQUE FILLE »

SPC: Il se susurre également que tu flirtes avec un gourou ou encore un homme politique très influent du pays.

R.S: Je jure sur la tombe de mon défunt père. Je jure sur tous mes biens, matériel, financier et sur la vie de mon unique fille, si ce que je vais dire est un mensonge, que la mort emporte la vie de ma fille. Car c’est la seule chose et la plus précieuse que je possède sur terre. Je n’ai aucune relation avec un homme riche dans ce pays. Mon copain n’a même pas 75 mille f comme salaire. Je n’ai aucune relation avec un homme politique ou un multimillionnaire dans ce pays. Si je suis entrain de vous mentir que la mort emporte mon unique enfant.

Propos recueillis par Sindinmanegdé

Categories: Actualités

4 Commentaire

  1. Rama la Slameuse! c’est avec grande attention que j’ai pris tout mon temps pour lire ses propos rapportés! j’avoue que j’ai le cœur meurtri pour ce que je viens de lire que la seule chose que je pu dire c’est que Chaque douleur te rend plus fort, chaque trahison plus prudent, et chaque expériences plus sage. IN GOD WE TRUST. Plein succès a toi dans toutes vos entreprise, on ne peut rien y faire l’essentiel s’est de croire en nous même LE RESTE N’EST QUE VANITE.

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  2. grande soeur.je suis vraiment touché par tes propos.Avance sans regarder en arrière. Tu es une croyante et tu sais bien que Dieu est le maitre de toute chose.laisse les gens parler

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  3. Vous n’avez rien à craindre avec la foi que vous avez. Bon courage. Quand ils seront fatigués, ils vont arrêter. Ce que Dieu a voulu, y a personne…

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