Musique burkinabè en discothèque: Franchement, c’est à contre coeur

Patriotes et militants dans l’âme que nous sommes, nous n’avons jamais magnifié notre patrimoine musical comme ces dernières années.

Il y a eu de nombreux plaidoyers auprès des institutions, administrateurs et politiques afin que les diffuseurs exploitent sans modération la musique burkinabè.

Le message est passé, les discs jockeys notamment ceux qui officient dans les discothèques ont fait même leur cheval de bataille. L’ association UDJAF en a même fait son pari. Pas une discothèque de nos jours ne consacre au moins 70% de leur animation à la musique de chez nous.

Mais avouons que la plupart de nos artistes ne possèdent pas des oeuvres de qualité pouvant conquérir le marché international. La qualité sonore est de plus merdique et le contenu musical est regrettable voir obsolète.

De l’avis des mélomanes, des puristes de la musique et surtout des DJ que je rencontre Tout le temps et principalement ceux que j’ai rencontré hier nuit, ils sont tous unanimes. Notre musique est à la traîne malgré les efforts consentis.

De Ouaga VIP au Level Night club où officie le très respectueux DJ Manzony Joachim Manzan en passant par Yin Yang, Major VIP, Haut Niveau, farafina Night club, Wall Street, VIP ouaga 2000, tous ces DJ et accrocs de la musique regrettent la médiocrité avec laquelle nos oeuvres sont enregistrées.

Toutes les musiques, notamment celles commerciales qui sont diffusées possèdent en leur sein du bon groove, tonalité impeccable et du rythme ambiant. Du coupé décalé au Hip Hop en passant par l’afrobeat et les tradimodernes africains, le public se trémousse sans relâche. Mais dès qu’on bascule dans la musique de chez nous, la piètre qualité sonore est perceptible et surtout flagrante. « Tu écoutes et tu le constate Le Chat. La musique burkinabè n’a pas du charme. Ça ne cogne pas, raison pour laquelle certains quittent la piste » m’ont soufflé certains DJ avec qui j’ai échangé hier dans la nuit. « On veut bien jouer la musique burkinabè mais les artistes ne nous facilitent pas la tâche » renchérient -ils.

J’ai vu par exemple des jeunes fêtards étudiants et élèves jacasser et gambader en entonnant à chœur les chansons de Sidiki Diabate, Bebi Philippe et surtout les dernières sorties du Hip Hop. Mais quand arrivent nos artistes, ils vident la piste. Faut pas voir ces jeunes filles sexy sautiller sur la piste à la même cadence que leur poitrine enfouie dans leur décolleté guidé par le déhanchement de leur impressionnant postérieur. Elles peuvent entonner en chœur les derniers tubes de Timbaland ou de Jason Deroulo, 2 Chainz avec frénésie. Mais quand arrivent nos artistes locaux, elles en profitent pour s’assagir en ingurgitant une coupe de Moêt ou de Jack Daniels ou en tripotant leur IPhone. Preuve que nos sons, les plongent dans une indifférence totale.

À qui la faute ? Aux artistes ou à nos arrangeurs ? Doivent-ils faire recours aux studios extérieurs ? Ou est-ce que certains dialectes comme le moore ne sont pas commercialisable à l’image du Dioula, le français, le lingala, l’anglais ou le douala ? Est-ce que toutes les musiques burkinabè peuvent se jouer dans nos discothèques ?

Mais en attendant qu’on trouve la bonne formule, je vais continuer à me rincer les yeux en lorgnant les pulpeuses noctambules se frétiller et se tortiller au rythme des autres, dans un coin d’une discothèque.

Le Chat !

Categories: Actualités

Commenter

Votre E-mail ne sera pas communiqué.


5 + 1 =


Newsletter

Tackborse musique et video du burkina   

Entrez vous adresse E-mail pour rester connecté

  • Vidéos
  • Musique
  • Clips
  • Actualité

Soyez les premiers informés des nouveautés sur le site 100% Culture du Burkina Faso

S'abonner!