Concert Historique: La courtoisie mirifique de Yorobo

C’est indiscutablement l’évènement dont on parle le plus en ce moment en cette fin d’année au Burkina Faso et ailleurs. Le CONCERT HISTORIQUE initié par HIMALAYA MEDIA GROUPE COMMUNICATION, les 29 et 30 décembre 2017 à Ouaga et Bobo. Loin d’être banal, il vaut son pesant d’or, d’autant plus que, trois grosses pointures de notre musique africaine y sont présentes : Floby (Burkina Faso), M. Léo (Cameroun) et Arafat (Côte d’Ivoire).

Toutes les spéculations, avanies, impolitesses ont fusé de parts et d’autres surtout sur le moyen de communication le plus prisé, facebook. La première manche de ce concert s’est déroulée hier à Ouagadougou sous fond d’anxiété.

Ce post qui a terrifié le comité d’organisation

Pendant que le comité d’organisation s’attelait à recadrer les imperfections et les incohérences de l’organisation au stade municipal autour de 15h, le manager de l’artiste Floby balance un post : «Nous sommes à Accra. Asky a accusé un retard et Air Burkina est parti. Plus de vol pour Ouaga. Nous sommes dans la merde. Sauf un miracle pourra nous faire voir le stade » signé Papus Ismaila Zongo . C’est l’effroi général qui se lisait sur tous les visages des organisateurs. Un plan de secours d’urgence s’est mis spontanément en place autour de Jerome Zoma, PDG Ibrahim Zerbo, Kenzo Cash Liguidi et Zongo Abbass renforcé par des collaborateurs ressources tels qu’Alino Faso et bien d’autres qui ont préféré garder l’anonymat. C’est le téléphone portable et l’immense carnet d’adresse des uns et des autres qui ont permis de décanter cette situation en 5h de temps. C’est finalement à 21h30 que l’artiste Floby a regagné son pays pendant que le décor du stade était déjà planté sous l’animation du disc jockey, Abdel. Contrairement aux informations discordantes qui pullulaient sur les réseaux sociaux, le public affluait le stade. On en a dénombré environ 10.000 âmes sur les 15.000 places prévues. La pelouse s’est taillée la plus grosse part en termes d’affluence.

M. Leo, surpris par l’accueil réservé

Ce n’est pas pourtant en terrain conquis, que le chanteur camerounais est arrivé pour la première fois au Faso. «Unbelieble, i’m very surprise !! » m’a-t-il avancé à la fin de sa prestation euphorique. C’est à l’unisson que le public a chanté et scandé ses chansons durant toute sa prestation. Des trois artistes à l’honneur, c’est le seul qui a offert un bain de foule à ses fans. Beaucoup, pour la plus part que j’ai rencontré, ils m’ont avoué «qu’ils sont venus exclusivement le voir chanter». C’est avec une prestation ponctuée d’amabilité qu’il a confirmé tout le bien qu’on pense de lui. Certains le réclame déjà très prochainement en spectacle unique au Faso.

Floby, toujours sous l’emprise du vol manqué

Pas étonnant qu’il rate son entrée en fanfare au stade et que son DJ soit désarçonnée avec sa platine. Il n’y a eu pas de balance. L’artiste était attendu en grande pompe à l’aéroport international de Ouagadougou à 15h. L’avion loupé à Accra, a provoqué des séquelles collatérales durant tout son spectacle. Pour ses nombreux fans tous acquis à sa cause, avaient déjà scanné depuis longtemps le scénario et la chronologie de sa prestation. Première apparition sur scène en tenue traditionnelle d’apparat, ensuite courte prestation semi acoustique avec guitare, piano et DJ sur un tube d’anthologie, enfin enchaînement des «rouskaskas» muni d’une douzaine de danseurs sur le podium. Ovationné comme il se doit par le public, l’auteur de «tu me connais» a longuement remercié ceux qui l’ont tiré d’affaire pendant qu’il était bloqué à Accra. Au moment où son manager avait perdu espoir et parlait de « seul un miracle » pouvait les tirer d’affaire.

Arafat a respecté le peuple burkinabè

Là où on l’entendait, il n’est pas venu. Il a déjoué tous les pronostics. C’est tout le contraire en terme de comportement qu’il a affiché depuis son arrivé le 27 décembre dernier. Tout s’est ressenti dès la toute première interview qu’il m’a accordée à l’aéroport. Il a dévié toutes les questions, refusant toutes polémiques, pas d’affrontement, pas de rivalité, pas de chauvinisme, pas d’extravagance, pas d’alcool sur scène, pas de torse nue sur scène, aucune réponse à propos de Floby. Beaucoup pensaient qu’il devrait y avoir confrontation de moqueries sur la scène entre Floby et Arafat. Il a plutôt été poli et pondéré voire exemplaire sur scène refusant d’avancer le moindre mot les concernant. Contrairement à l’image plutôt négative qu’on donne à ce garçon, j’ai plutôt trouvé un artiste mesuré et courtois sur scène. «Vous êtes là aujourd’hui à cause de qui ?» il pose la question au public. «Yorobo !!! » répond la foule. «Non, non, non, vous êtes là pour tous les artistes maintenant. Applaudissez très fort pour Floby. Applaudissez aussi très fort pour Mister Léo et applaudissez très fort pour vous… on a dit qu’on allait frapper poteau. Applaudissez pour vous hein. Eh ben voilà le poteau ! » Renchérit-il. C’est le seul interlude qu’il a accordé au public durant sa prestation. Bereus Sama a fait le maximum de passer en revue son immense répertoire sans suite, à telle enseigne qu’il leur a demandé quelles sont les chansons qu’il peut leur proposer. Dès la moindre note musicale (en playback pas besoin de vous le dire), le public réagissait immédiatement en entonnant le couplet. Pas une chanson n’a été entonnée sans l’allégresse de la foule. Il n’a affiché aucun comportement méprisant, bien au contraire, Yorobo a séduit l’ensemble des 10.000 personnes présentes à tel point qu’il a demandé à ceux qui étaient restés poliment assis sur les grandins, de le rejoindre sur la pelouse. C’est aimablement qu’il est monté sur scène et c’est gentiment qu’il est redescendu avec son tube révélateur «Jonathan» chanté en boucle par une foule en délire. Il aura fait honneur au Faso, en tout cas, pour cette première phase du concert. Car, on ne sait jamais.

Un comité d’organisation décousu

Certes, le CONCERT HISTORIQUE a unanimement enregistré l’expertise des acteurs culturels burkinabè mais de nombreuses failles ont émaillé l’organisation de ce premier concert. Plusieurs tâches étaient attribuées à plusieurs personnes à la fois sans que les concernés ne s’en rendent compte. Plusieurs comités d’organisation pour un spectacle. Discordance des propos d’où l’incohérence dans la répartition des tâches. Le promoteur gagnerait à être ferme et transparent dans l’attribution des tâches à chacun. La complaisance et l’amateurisme ne devraient pas avoir sa place dans un tel évènement. Des problèmes basiques de badges par exemple, ne devraient pas se poser. N’eût été l’union sacrée de certains acteurs culturels professionnels, la phase 1 de ce concert prendrait un coup. Il est inconcevable d’attribuer des tâches aussi délicates qui incombent strictement les personnes ressources, aux amateurs ou aux arrivistes. Certes le showbiz paraît être un fourretout, mais le professionnalisme doit être de rigueur.

La technique pouvait mieux faire

Tout en saluant au passage, la qualité sonore du matériel d’Henry, je reste sur ma soif quant à son aspect esthétique et visuel. Le podium chancelant faisait frémir le public. Aucun évènement aussi grandiose plus encore dans un stade, ne peut se dérouler sans un impressionnant dispositif vidéo. Deux à trois grands écrans devraient être érigé au stade avec une retranscription spontanée au stade. Il est également invraisemblable que la scène où les stars évoluent soit envahie par des photographes non accrédités. La scène est réservée aux artistes et non aux photographes en divagation. Dans un spectacle de cette envergure, il existe toujours des passerelles ou espaces strictement interdits aux personnes étrangères. Mais malheureusement, les zones de sécurité étaient accessibles par tous, empêchant les agents de sécurité de bien faire leur travail. D’autres sont même allés faire le travail de sécurité à la place des CRS au moment où Mister Léo faisait son bain de foule. Pire encore, certains ont voulu empoigner les forces de l’ordre qui ne faisaient que leur travail. C’est tout le monde qui voulait se faire voir, malgré que cela soit de la plus ignoble des façons. L’essentiel, c’est qu’on fasse figuration et son « one man show ! »

Le staff de Floby a évité l’éclisse

Qui paiera les préjudices financiers du transport secours de l’artiste et son manager ? D’énormes sommes d’argent imprévues sont sorties pendant cette période d’avant concert. Pourquoi vouloir forcément improviser un accueil en fanfare à Ouagadougou pour un retour de Bamako ? Pourquoi stimuler un voyage retour à la veille d’un concert aussi important dans son pays ? Pourquoi le manageur a annoncé sur sa page facebook, les désagréments qu’il a subit à Accra ? A cette question néanmoins, ce dernier Papus Zongo a répondu en disant qu’il «n’avait pas le choix, car j’ai appelé, mais aucun contact ne me répondait !»

L’union sacrée en a accouché d’une montagne

Ce spectacle donnera, je l’espère de l’appétit auprès des différents annonceurs de notre pays et surtout du tonus aux promoteurs de spectacles locaux. Il suffit tout simplement d’instaurer une sorte de cohésion sociale autour du showbiz avec des spécialistes dans chaque compartiment et le tour est joué ! Le reste des angoisses, les journalistes gèreront ça dans leurs différentes critiques.

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