Interview: Le crieur public annonce la sortie très prochaine de son 6ème album

Nous avons rencontré l’artiste musicien Sana Bob dans l’optique de recueillir ses nouvelles artistiques, s’imprégner de ses projets et aussi savoir ce qu’il réserve aux mélomanes. Evoluant dans le tradi-moderne, Sana Salif de son vrai nom a profité de cet entretien pour dévoiler la sortie très prochaine de son sixième album. Il donne un bref aperçu de sa carrière musicale et souligne des manquements du domaine culturel dans son ensemble tout en proposant des solutions entrant dans le processus de promotion et de valorisation des œuvres culturelles partant du pays. Lisez donc !

Donnez-nous un bref aperçu de votre carrière musicale ?

Sana Bob: Moi j’ai eu la chance, d’abord d’être né au village. Je ne suis pas allé à l’école mais moi aussi j’ai fait l’école de la vie. Je faisais paitre les animaux et je participais aux travaux champêtres quand j’étais petit. Par la suite, ma mère adoptive est venue au village et elle m’a récupéré pour m’envoyer à Ouagadougou. D’ici, il y a mon oncle qui m’a amené en Côte-d’Ivoire avec lui. C’est donc là-bas que j’ai entamé la musique. En 2001, je suis revenu au Burkina pour poursuivre ma carrière.

Combien d’album avez-vous à votre actif ?

Sana Bob: J’ai cinq (5) albums et je suis en train de préparer la sortie très prochaine du sixième ».

Parlez-nous un peu de cet album en cours ?

Sana Bob: J’ai passé plus d’un an et demi en studio pour la réalisation de l’œuvre. J’avoue que ça n’a pas été facile mais j’ai trouvé de bons arrangeurs et musiciens burkinabè qui m’apprécient en premier lieu et qui connaissent mon genre musical. Moi aussi je les ai choisi pour qu’ensemble on travaille en essayant de faire un mixage entre ma musique traditionnelle et la musique moderne dans un cadre reggae. Tout s’est bien passé vraiment en studio. Pour le titre, je reste dans le suspens mais dans les jours à venir vous aurez tous les détails. La maman est à terme d’accouchement. Le jour que le bébé naitra vous connaîtrez le nom.

Quel est votre genre musical ?

Sana Bob: Moi je suis du Nord du Burkina en pays mossi. Donc d’abord je fais du Wiir- Bindé que j’essaye de marier avec un peu de reggae. C’est ce qu’on appelle la musique du monde…

Quels sont les messages que vous véhiculez dans ce nouvel album qui sortira très bientôt ?
Sana Bob : J’appelle les uns et les autres à s’accepter et vivre ensemble. Tout le monde est conscient qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Sachons que si ça ne va pas, ce n’est pas la faute à Dieu mais de nous-même les humains. Dans un pays où il n’y a pas la paix, ce sont trois catégories de personne qui sont directement touchées et victimes : les femmes, les enfants et les artistes. C’est pour cela que ce nouvel album est beaucoup axé sur la recherche de la paix totale, du vivre ensemble et la confrontation d’idées constructives (…) ».

Comment qualifiez-vous le domaine musical au Burkina, à l’heure actuelle ?

Sana Bob: Généralement, nous les artistes burkinabè travaillons comme des cultivateurs. Lorsqu’un cultivateur cultive, ce sont les autres créatures de Dieu qui doivent d’abord gouter les bénéfices de sa récolte. Depuis l’avènement de la piraterie dans le pays, aucune action de lutte concrète n’a été entreprise pour contrer ce fléau. Nous travaillons comme ça naturellement parce qu’on aime la chose. On ne peut pas empêcher les pirates de pirater, eux aussi ne peuvent pas nous empêcher de créer. Ce n’est vraiment pas intéressant de mener des réflexions pendant plusieurs jours pour réaliser une œuvre et ensuite la voire piratée.

Quel est votre message aux autorités en charge de la culture ?

Sana Bob: La musique Africaine est connue en Europe mais la musique burkinabè reste dominée par celle du Mali, de la Côte-d’Ivoire, du Sénégal et autres. Il nous faut une diplomatie culturelle aujourd’hui. C’est-à-dire, la culture burkinabè est déjà là on doit travailler à ce qu’elle voyage. On a des ambassades dans de nombreux pays à travers le monde. On doit placer des représentants de notre culture auprès de ces ambassades. Ces derniers peuvent être perçus aussi comme des managers et des ambassadeurs de la culture dans les pays où ils sont affectés. Par ailleurs, nous avons de grands évènements culturels ici au Burkina comme la Semaine Nationale de la Culture, le SIAO, le FESPACO etc. On gagnerait à adresser spécialement des invitations aux différents promoteurs, managers à travers tout l’Europe et les autres continents, à l’occasion de ces évènements culturels. C’est derniers ne demandent pas grande chose. Seulement une invitation et peut être un billet d’avion à chacun. Quand ils vont venir avec des sacs vides ils repartiront avec des sacs pleins. Ce que j’appelle la diplomatie culturelle consiste aussi à faire en sorte que l’Etat à travers le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme, invite les grands promoteurs qui ont soiffent aujourd’hui de musique burkinabè. Ils ne peuvent pas retourner chez eux sans nous inviter. Ça sera l’occasion pour eux, car les blancs aiment les découvertes. Ils ont beaucoup gouté les plats musicaux de presque tous les pays d’Afrique. Il reste le Burkina. C’est donc l’occasion pour nous, de vendre notre musique, notre culture et notre tourisme (…) », estime Sana Bob surnommé aussi l’artiste du peuple.

Quel devrait-être le comportement à adopter par tout artiste pour réussir dans la musique ?

Sana Bob: C’est d’accepté apprendre, soit de manière théorique ou pratique. Remarquez par vous-même que les jeunes artistes burkinabè participent rarement aux compétions internationales de musique. Je vois trois catégories de chanteur. Il y a je veux chanter, je chante et il chante ».

Citez-nous vos différentes distinctions depuis le début de votre carrière à aujourd’hui ?

Sana Bob: J’ai été ambassadeur de la paix et de la bonne volonté du prix Pegd Wend kouni, le prix du public et le Marley d’Or, le grand trophée, le Kundé (…) que je salut d’ailleurs car c’est la seule grande plateforme de distinction qui fait la fierté du Burkina Faso. J’ai eu plusieurs autres distinctions. Je ne sais pas comment les conter. A moins que je les sors tout pour recompter.

Pour terminer cet entretien Sana Bobo n’as pas manqué d’adresser des salutations et remerciement en direction des fans, mélomanes, des acteurs culturels, la presse nationale et internationale ainsi qu’à tous !

Moussa Kaboré (Infos Culture du Faso)

Categories: Actualités

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