Achille Ouattara : Pas besoin de tohubohu

Ya ARTISTES de la diaspora et AVENTURIERS de la diaspora! Quand j’arrive là-bas, certains se cachent et refusent de présenter leurs œuvres. Mais faut les voir pailler sur les réseaux sociaux se faisant passer pour les super stars.

Pourtant, à côté de ces pseudo artistes de la diaspora qui croupissent dans le Vieux continent, il y a ceux qui font la fierté du Faso sans tambours ni trompètes. Ils ne vivent que de leur métier d’artiste et jouent et bourlinguent dans les plus grands festivals. Vous n’allez jamais les voir liker vos posts ou faire leurs éloges. Pourtant, ils suivent au quotidien l’actualité culturelle de leur pays tout en bossant fermement.

Parmi eux, il y a un certain…Achille Ouattara. C’est l’un des plus grands bassistes de notre pays. Il réside en Belgique et j’avais eu la grande chance de le rencontrer à Bruxelles. Il m’avait fait part d’un projet d’album. Chose promise, chose due. Il est présent au Faso avec son produit qu’il a baptisé «Douahou». C’est de la perfection artistique à l’état pur !!!

J’ai passé toute ma journée dominicale à écouter l’ensemble des titres que compose cet opus. Mais Achille, malgré son caractère placide, comme bons nombres d’artiste de chez nous pétris de talent, il est un féru de la musique vivante. C’est à Bobo-Dioulasso qu’il a commencé à illuminer les scènes avec sa guitare basse. C’est grâce au regretté Ablo Zon, qu’il entra dans le cercle très restreint des musiciens les plus prestigieux du Burkina. Sa véritable éclosion artistique, il la doit grâce à des artistes célèbres comme Alif Naaba ou encore Cheick Tidiane Seck.

C’est à l’académie internationale d’Eté de Wallonie en Belgique (AKDT) aux côtés des bassistes comme Didier Likeng et Benoit Vanderstraeten et des contrebassistes tels que Alexandre Furnelle et Jean-Louis Rassenfosse qu’il se perfectionnera au Jazz de fusion avec bien entendu, une forte densité de musique africaine.

Depuis 2013, il tourne sur des grandes scènes internationales avec le groupe Afrikan Protokol. Beaucoup d’artistes burkinabè comme lui, résident en Europe et tournent également avec de grands groupes. Je pense aux frères Kanazoé, Koto Brawa, Fili Sawadogo Band, Jahkasa Karim , Ibrahim Keita & Nankama, Alif Naaba, BilAka Kora…à qui, il leur a rendu un vibrant hommage lors de l’entretien que j’ai eu avec lui.

Nous avons beaucoup de vendeurs d’illusions sous nos tropiques. Pourtant, nos artistes les plus doués mériteraient aussi plus de visibilité de notre part. Au lieu de faire l’apologie des cotonneux tous les jours. Ceux-là jouent sur des scènes mondiales devant un public cosmopolite et ils hissent haut le drapeau burkinabè tous les jours sur la planète. Ils le font parce qu’ils sont guidés par la passion. Ils vivent de ça, sans rien attendre en retour. Par conséquent, quand ils nous tendent la main ou qu’ils veulent nous donner des suggestions accordons leurs une attention particulière.

Personnes parmi ces artistes que j’ai cité (en dehors de ceux qui résident au Faso, Alif Naaba, Ibrahim Keita et Bil Aka Kora) n’a été invité dans un de nos évènements nationaux à l’instar du FESPACO, SNC, KUNDE, FAMA, 12 PCA…Pourtant, ils sont disposés volontairement voire bénévolement à se produire sur ces scènes. Tout dépendra de l’approche. Loin d’être des nécessiteux, ils ont aussi besoin de reconnaissance et de visibilité dans leur pays. C’est bien beau d’être reconnu et adulé ailleurs, mais quand on ne l’est pas chez soi, c’est dommageable.

Quand bien même, je m’attarde sur son œuvre «Douahou », je ne me contredis pas ! Bien au contraire. Je me suis rappelé d’un certain Henri Dikongue ou encore Richard Bona durant l’audition des tubes. Achille Ouattara fait de la musique ! Puisée des tréfonds même du Jazz, ce virtuose de la basse te badigeonne du mandingue saupoudrés par des percussions à la sauce du violon moderne. Le titre «Bimbaliya » laisse entrevoir des africanités teintées de fusion où la voix veloutée de l’artiste se juxtapose admirablement bien du clavier d’Olivier Margotto et du violon de Renaud Crols. Le percussionniste Zouratié Koné le guitariste Désiré Somé ont su donner de la couleur aux titres «Doua » et «lo’n be na sé ». Ça m’étonnerait qu’au prochain festival Jazz à Ouaga, Achille Ouattara, ne soit pas invité à jouer sur la grande scène IN !

Son séjour en terre natale laisse présager un véritable déclic pour nos artistes issus de la diaspora.

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Categories: Chroniques

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