Ashley désormais…sur de bons rails

Sans nul doute et loin de faire dans le comiquement correcte mais plutôt le techniquement correcte, chapeau bas à cette jeune !

La jeune artiste Ashley (celle que j’appelle affectueusement ma fille) est de retour au Faso après un long séjour artistique au bord de la lagune Ebrié. C’était à la faveur de l’enregistrement de son prochain album.

Désormais sous la coupole du label Himalaya, Assa Aicha Yameogo dite Ashley vient de prendre, à mon avis, de la hauteur.

Mais, j’avoue que j’étais assez sceptique quand elle est partie enregistrer en Côte d’Ivoire. Généralement, nos artistes qui quittent le pays pour aller faire des collaborations ou des enregistrements dans d’autres contrées, ils nous reviennent avec des produits «complexés» ou contrefaits. C’est l’arrangeur ou l’artiste avec qui ils ont enregistré qui supplante son œuvre. Ils se laissent guider aveuglement par ces arrangeurs et parfois, l’artiste qui a été invité à collaborer dans une de ses chansons, prend le dessus. Pour le cas d’Ashley, c’est tout autre chose !

Bien avant son arrivée, j’avais rencontré son producteur du côté du maquis «Parc des Princes». Mais la façon donc, il m’a fait les éloges de son artiste, je n’arrivais même plus à avaler les morceaux de porc, et cuisses de poulet qu’il m’avait offert. Tellement il me faisait des louanges d’Ashley !

«Jabbar, franchement…elle est entrain de déchirer à Abidjan ! Quand elle viendra, je te donnerai l’exclusivité, je te dis !!!! Elle est graaave ! Elle a travaillé avec tous les grands arrangeurs d’Abidjan ! C’est un album de Ouf et de malade !!! » Vociférait le producteur dans mes narines en avalant les côtelettes de porc frites et bien assaisonnées. Tellement j’ai été assommé par ces éloges que je n’arrivais même plus à ingurgiter les liqueurs qui jonchaient la table. Je me suis dit intérieurement, « j’attends d’écouter pour me rendre en évidence…on ne corrompe pas un chat avec de la boisson ou de la soupe de poulet. Tôt ou tard, il attrapera toujours sa souris »

Bah ! C’est hier effectivement que le staff de l’artiste dirigé par Lazare Bazongo m’a convié à l’audition de l’ensemble des 6 titres de ma fille. Assise juste à mes côtés, toute pantelante de peur de ma réaction, Lazare m’installe le casque dans mes petites oreilles, et paf, je commence à suivre posément l’ensemble des titres.

A la fois médusé et satisfait de l’ensemble de l’œuvre, j’ai découvert une Ashley vraie !!! Pas celle qu’on badigeonne artistiquement comme dans une farine. C’est elle-même ! Sans apport extérieur. Aucune influence particulière ! Voix, justesse et surtout thèmes révélateurs, Ashley m’est apparu dans ce produit, comme revigorée. Pourtant, ces icônes des platines ivoiriennes telles que Serges Beneaud, Kedjevara et surtout l’excellentissime David Taylrault ont participé dans l’ossature de cet opus. 6 titres bien enlevés, avec un seul featuring (Kedjevara), des rythmes variés. Soul-Rn’B, Ambiance facile, du tradi-moderne chanté en plusieurs langues (Français, Mooré, Dioula).

Il y a eu même des moments, pendant l’audition où je me suis demandé si c’est sa voix brute. Car elle s’aventurait dans des envolées lyriques aigues qui frisent la perfection.

Après quelques conseils d’ordre pratique, notamment sur le nouveau statut qu’elle s’apprête à avoir dans notre sphère musicale une fois l’album sorti, j’ai pris congé du staff avec un sentiment tout de même mitigé.

Mitigé tout simplement parce que nous allons beau apprécier les œuvres de nos artistes en devenir, les diffuseurs que sont les DJ des discothèques et bars dancing au Faso, feront la sourde oreille. D’autres nous prendront pour des bouffons ou des farceurs !
Jabb’Art !

Categories: Actualités

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