Adèle Rouamba : « Quel Burkinabè peut donner 500 millions à un artiste?! »

Elle est de retour et complètement métamorphosée ! Elle a volontairement perdu de nombreux kilos avec en toile de fond, un balèze tatouage sur son bras gauche (certainement l’image de Jésus). Adèle Rouamba, après presqu’une décennie d’absence sous les feux des projecteurs, celle qui n’a pas souvent sa langue dans sa poche, nous revient avec dans son sac, un maxi baptisé «Renaissance».

Ce qui, à mon avis l’aura véritablement révélé au grand public, c’est son premier album « Coup d’essai», notamment le tube « M’Zoua ». Mais entre temps, je me souviens qu’elle avait aussi sorti en 2004, « L’amour me fait peur ». Un opus de 8 titres avec des chansons comme « Liguidi » chantée en duo avec David de Faso Kombat.

La «française» nous revient avec son nouvel album «Renaissance». Le titre éponyme de cet opus en dit long. Yves de Bemboula et Hermann Djedji auront été les artisans au niveau de l’arrangement. En écoutant les 4 titres, j’ai retrouvé la même Adèle et la même ossature musicale qui certes l’identifie, mais qui pouvait être davantage amélioré. Elle met beaucoup plus d’accent sur la thématique au détriment du genre musical. De nos jours, c’est le rythme que les gens veulent sentir. Les paroles s’écoutent certes, mais après avoir dansé. Ça parait paradoxal, mais c’est le cas ! Les tendances actuelles pouvaient par exemple y figurer avec une dose de folklore national.

En écoutant Adèle Rouamba, l’on peut déterminer la spécificité de l’artiste. Ces thèmes mettent à nue les élucubrations interhumaines. Quant à elle-même, elle reste toujours sur ses gardes et prête à sortir ses griffes dès qu’un «rapace» s’y aventure à ses côtés. «Renaissance» retrace de façon laconique le caractère comportemental de l’HOMME, dans une variété mondaine qui entretoise le paysage artistique africain. Des titres comme «Dunia», «Kongossa» et «Le chien ne changera jamais» reflètent le caractère authentique de l’artiste.

«Renaissance» laisse entrevoir une lueur d’espoir en termes de succès car l’artiste a décidé de séjourner pendant plusieurs mois dans son Faso natal pour booster la promotion. En tout cas, certains artistes de la diaspora qui l’ont fait, ont eu gain de cause. Je pense à Martin N’Terry.

C’est en France où elle réside depuis plus d’une décennie, qu’elle observe avec nostalgie et contrariété l’actualité du showbiz burkinabè.

A la question de savoir pourquoi nos artistes Burkinabè stagnent dans l’anonymat sur le plan international, voici la réponse de celle qui n’a pas sa langue dans sa poche :

«Nous ne devons pas avoir honte de notre musique. On nous dit toujours que c’est parce que nous ne chantons pas bien. Mais attendez! Que voulez-vous? Les autres et nous, nous n’avons pas les mêmes moyens. En plus, ils sont soutenus par des gens qui ont cru en eux et qui n’ont pas eu honte de leur artiste. Quel est le mécène Burkinabè qui peut enlever 500 millions pour soutenir un artiste? Mais dans d’autres pays, en Côte d’Ivoire au Cameroun, au Mali au Sénégal, ils le font. Ici, les gens aiment faire de fausses promesses en indexant les artistes pour après se moquer d’eux quand ils rasent les murs»
A bon entendeur…

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Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

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