«Elévation» : Lechanceux invoque le firmament

Imilo LeChanceux4Est-il déjà en train d’affirmer qu’il est au pinacle de sa carrière ? En jetant un coup d’œil sur le titre éponyme de son dernier opus «ELEVATION» composé de 12 titres dont 5 titres que j’écoute pour la première fois, je suis tenté de dire que Imilo LeChanceux aka Il Fortunato en a ras-bol avec la modestie et la discrétion. Il s’auto-élève. Surtout pas besoin qu’on l’élève à sa place.
A l’écoute cet opus, mon constat de façon général est relativement le même, c’est un album du temps.

De la chance et surtout de l’obstination

Emile Ilboudo dit Imilo Lechanceux ou encore Il Fortunato est un polyglotte des platines (Artiste musicien, auteur compositeur, DJ, interprète, danseur chorégraphe). C’est dans les maquis, au moment ou la déferlante danse Coupé-décalé faisait des « victimes » dans la cité qu’il est sorti de son cagibi. Il a roulé sa bosse dans les maquis tels que Wagalaise, Stade de France, Olympia, la Flotte, ou encore la Tour de Contrôle…Mais en 2009 qu’il apparaîtra officiellement sous les feux des projecteurs dans un groupe atypique les «VILLAGEOIS» où le titre «Vit ta joie» avait, contre tout attente et bizarrement, fait le vrai buzz. Par la suite, ça été un véritable déclic pour ce natif de Tiassalé en Côte d’Ivoire. S’en suivront alors des prouesses artistiques et des singles à succès qui embraseront toute une nation. Mais qui est ce garçon filiforme qui dévaste tout sur son passage ? Se posait-on souvent la question.

Il commença alors à soigner son image, son look, ses chorégraphies, son style vestimentaire et surtout ses images sur la toile. Aucune de ses images présentes sur la toile n’est balancée sans qu’au préalable elles ne subissent un contrôle drastique du staff. Je vous dispense des commentaires sur ses tubes et chansons aui ont fait tabac dans la cité. Mais je retiens surtout que cet ex danseur d’Adèle Rouamba ou encore d’Amety Méria a abondamment contribué au succès sportif du 11 national (les ETALONS). Son assistance psychologique à travers ses mélodies au moment où les Etalons étaient conspués, a été on ne peut plus salvatrice. Je lui concède cela et j’espère que les stars du ballon rond les lui rendent au centuple.

Constance artistique. Attention à l’essoufflement

Imilo LeChanceux3Il a opté pour un rythme spectaculaire qui est en perpétuel mutation à l’image des Smart phones qui sortent chaque instant. Donc par conséquent, il doit se donner des moyens physiques, humains et surtout financiers pour rester dans l’actualité. Car, dès qu’on somnole un peu, on devient has been. Leur mentor Arafat (Yorobo) est suffisamment rodé dans cet exercice.
Parfois, je fini par admettre sa philosophie qui consiste à mettre dans les bacs à disques un single chaque trimestre. C’est normal au regard du genre musical qu’il fait. Mais sortir par la suite un album, où l’ensemble des singles est compilé dans cet opus, je ne trouve pas d’intérêt particulier. Une telle politique artistique serait plus tôt orientée vers d’autres buts.

J’aurai préféré qu’il circonscrive son énergie à nous pondre des concepts et maxi tous les trimestres ou les semestres au lieu de se surmener avec des albums de 10 à 12 titres dont 60 à 75% des tubes ont déjà été présentés en grande pompe dans des cérémonies précédentes de dédicaces. Il serait aussi préférable qu’il choisisse une méthode de travail artistique appropriée. Le fait d’être dispersé avec comme objectif primordial, la course aux distinctions nationales, il risquerait de perdre le nord. Qu’il fasse de la musique pour son public et non dans le but de glaner des trophées. Bien que, cela soit important dans la carrière d’un artiste. Tout est subjectif dans ce qu’on fait et celui qui organise sa cérémonie fait bon comme lui semble et honore parfois qui il veut. Donc par conséquent, ce qui importe pour l’artiste, c’est de maintenir une certaine constance artistique avec son auditoire.

Quelques chansons qui ne m’ont pas fait vibrer

« ELEVATION » à mon avis, c’est 5 titres que je découvre pour la première fois sur les 12 tubes qui figurent dans cet opus (ce n’est pas la première fois qu’il nous fait ce coup). Donc 40% de nouveautés. «Une minute au Village », «Djarabi », «Warb Nooma », «Tinga soaba » en feat avec Mawndoé et «Elle me rend dingue ». Le reste, c’est du déjà écouté et ils ont d’ailleurs et continuent à donner des vibrations positives dans la cité.

Je me réserve pour le moment sur le tube annoncé phare de l’album «Une minute au village ». Je ne suis pas encore flatté. Peut-être que ça viendra plus tard, pourtaImilo LeChanceuxnt les précédents tubes m’avaient toujours exaltés dès la première audition. Par contre, son folklore d’entrée de jeu avec le balafon, les castagnettes et le tam-tam donne une bonne impression sonore. Je constate avec stupéfaction qu’il y a beaucoup de breaks et celui qui aura été peut-être de trop c’est le couplet qui vient après la phrase «l’eau ne saute pas caniveau». Le changement vocal et rythmique est assez difforme et brusque. Dans le tube «Tinga soaba » en feat Mawndoé, je m’attendais à entendre Mawndoé dans ses envolées lyriques langoureuses et non cadencées. J’aurai plutôt souhaité qu’Imilo et Mawndoé restent respectivement dans le registre, tout en gardant cette ossature rythmique.

Les tubes «Elle me rend dingue» et «Djarabi» ne m’ont pas du tout émerveillé. Par contre hum… « Warb Nooma» c’est le «Akobo poussière» du Burkina. Véritable galette musicale « tradimoderne ». Belle composition et très bon emboitement instrumental qui fera certainement jaser nos férus de la musique moaga. Par ailleurs ; le jingle de Kevinson qui intervient à chaque tube qu’il a enregistré, est omniprésente et dictatorial. Ce n’est par ce que t’as arrangé un tube que tu dois impérativement mettre ton jingle qui prononce ton nom. C’est une dictature artistique qui ne dit pas son nom. Il y a néanmoins un titre que je ne me lasse pas d’écouter malgré qu’il ait été fait sous la forme d’un marronnier. C’est le tube «Bonne année». C’est du Imilo Lechanceux tout craché comme on le souhaite. Quant à ses classiques à succès, je ne reviens pas dessus. J’en ai longuement parlé et l’audimat qu’ils sont en train de crever en témoigne.

Garder le cap en faisant des réajustements

En s’auto-élevant, ce n’est pas aussi prétentieux que ça pour un artiste. Ils ont cette légitimité de s’auto glorifier surtout quand on opte pour un style qui se façonne dans l’aire du temps. C’est à lui et surtout à son staff de savoir capitaliser et orienter à profit ses différents singles.
A la suite des différents singles qu’un a artiste réalisent pendant une bonne période, il peut concevoir un coffret sous la forme d’une compilation, mais ce n’est pas un album. Autre cas de figure ; l’artiste peut concevoir un album d’une dizaine de titres et décider de mettre quelque uns sur orbite avant de sortir plus tard l’album où figureraient toutes les chansons.

Mais, faire des singles et six mois plus tard, sortir un «album» en incluant les anciens succès et des remix, c’est faire preuve d’indulgence. A moins qu’on ne vise d’autres objectifs à court terme, dans le but de remplir les conditions d’éligibilité d’une cérémonie de distinctions de prix bien précise.
Jabb’Art !

Categories: Chroniques,La plume de Jabbar

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