Nabalüm : A l’attention d’Alif

942230_1686362748276120_5663284782902598094_nNous ne sommes pas à la recherche des pépites d’or pour notre musique version féminine. Il en existe tellement, mais pousser par l’appât du gain facile, on a fait de la musique un fonds de commerce où le talent intrinsèque de nos artistes ne nous intéresse plus. Il suffit tout simplement de mimer les tendances de variétés actuelles en mettant, les cuisses, les fesses, le postérieur et surtout les gros lolos en avant sous le regard des enfants et les dés sont jetés ! On est propulsé immédiatement dans les box offices.

Pourtant, nous possédons des pépites tapis dans l’ombre qui produisent des chefs-d’œuvre inimaginables. J’échangeais hier avec un vieil ami, qui m’a longuement avoué qu’il s’informe au quotidien sur mes post concernant l’actualité culturelle. Mais il déplore une absence criarde des nouvelles femmes qui excellent dans notre musique. Pourtant, je lui ai démontré le contraire. C’est tout simplement parce que les médias nous imposent du «bordel». De nos jours, c’est la dépravation des mœurs qui se consomme. Heureusement qu’il existe encore des gros labels et promoteurs de spectacle géants dans le monde qui nous distillent de la bonne musique.

Contrairement à ce qu’une poignée d’acteurs culturels veulent me faire comprendre, en admettant ceci : «nos artistes féminins ont pris leur retraite et les nouvelles n’apparaissent pas». Amety Meria, Sami Rama, Rovane, Sonia Carré d’As, Awa Melone, Sissao, Yili Nooma, Pamika, Mai Lingani, Idack Bassabé…sont loin d’avoir raccroché bien au contraire. A côté d’elles, Rama, Mariah Bissongo, Daisy Frank, Nourat, Princess Hulda, Hooria, Ashley, Malika…méritent une attention toute particulière. Mais hélas, qui en fait cas ? Si ce n’est que des compliments qu’on leur adresse dès qu’on les rencontre au détour d’une soirée de gala. Mais une fois parti, qui en parle ou diffuse leur œuvre ?

Resterions-nous toujours des éternels attentistes ou roublards qui se contentent d’applaudir les autres et non les nôtres ? Nous sommes toujours en marge du showbiz mondial. Nous valorisons la culture des autres au détriment de la notre. C’est la raison pour laquelle, dans son rôle d’avant-gardiste, le Kundé d’Or 2014 Alif Naaba a décidé de prendre le taureau par les cornes.

En créant l’Espace Paongo, une résidence dédiée aux artistes musiciens, l’auteur de «Yiki» ne voudrait pas faire dans l’amateurisme. Joignant l’utile à l’agréable et la parole à l’acte, il m’avait présenté il y a bientôt 3 mois, une jeune africaine de souche, naturelle et instinctuelle. C’est dans son studio à l’espace Paongo que j’ai écouté les prémices une musique profondément ancrée dans sa tradition. La fusion des instruments tels que la kora, l’orgue ou encore la batterie trouvent du réconfort dans cette voix suave dépourvue de déchet. Une voix de velours limpide qui m’avait littéralement séduit à tel point que je m’inquiétais du manque de visibilité et de promotion qu’elle pourrait subir à l’horizon si rien n’est fait. Mais quand je me retournais et que je voyais à côté d’elle, ce prince aux pieds nus, l’épauler en qualité de directeur artistique, j’étais immédiatement rassuré.

Aujourd’hui, on ne me parle que d’elle. C’est sans interruption que j’écoute cette voix parfois entonnée en mooré, malinké et français sur ces titres comme «M’yamê», «Wili» ou encore «Pag Niiam». Nombreux sont ceux qui n’affirment plus que le mooré ne peut pas se moduler dans une strophe musicale dite moderne. Alif, Floby, Nourat et bien sur Nabalüm nous démontent de plus en plus le contraire.

C’est une musique de festivals et de grands spectacles qu’elle vient de nous offrir et connaissant «l’Homme» (Alif Naaba), un système de réseautage est déjà en branle. Il ne serait pas prétentieux de dire que Nabalüm jouera dans un futur très proche sur les mêmes scènes qu’Ismaël Lô, Lokua Kanza, Fatoumata Diawara ou encore pourquoi pas Adèle et Bruno Mars, ces artistes de référence. C’est d’ailleurs tout le mal que je lui souhaite. Mais tout en lui suggérant de conserver ce look naturel, coiffure africaine, tenues africaines et surtout réaliser des clips reflétant l’Afrique dans toute sa beauté, sa diversité, sa richesse et sa simplicité.

Cette lauréate pour le programme Visas pour la création de l’Institut français, est ce moment en résidence du côté de la Cité Internationale des Arts de Paris et ce, jusqu’à fin juin où elle se produira en showcase le 23 mai avec Darline Desca.
J’attends avec impatience son tout premier opus qu’elle baptisera «Saké » qui paraîtra grâce aux productions de la COUR DU NABA. Mais en attendant, je continu de savourer «M’yamê».
Jabbar!

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